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Articles avec #cours de base tag

Une identité complexe, globalisée et construite - Le cas de Barack Hussein Obama - 5e - 2012-2013

22 Janvier 2016 , Rédigé par histege Publié dans #Cours de base

UNE IDENTITE COMPLEXE, DYNAMIQUE, CONSTRUITE ET GLOBALISEE

– Le cas de Barack Hussein Obama

 

Obama Barack et Michelle photo Philippe Wojazer - AFP

Michelle et Barack Obama

 Source : AFP. Photographe : Philippe Wojazer.

 

« Qui est Barack Obama ?

 

         Barack Obama — Barack Hussein Obama pour l'État-Civil — est né le 04 août 1961 à Honolulu (Hawaï). Ses parents, étudiants à l'Université de Hawaï, se sont mariés l'année précédente. Le père, Barack Hussein Obama Sr. (1936-1982), est un kenyan noir originaire de l'ethnie Luo. Élevé dans la tradition musulmane mais non pratiquant, il deviendra premier économiste au Ministère des finances du Kenya dans les années '70 avant d'être limogé lors d'un changement de pouvoir et de se tuer dans un accident de voiture en 1982. Sa mère, Stanley Ann Dunham (1942-1995), future anthropologue auteur d'une volumineuse thèse sur la vie des forgerons ruraux en Indonésie, est une blanche américaine de religion chrétienne originaire du Kansas, lointaine descendante de Jefferson Davis. Le jeune couple mixte divorce en 1963, deux ans après la naissance de l'enfant, dont le prénom "Barack" signifie "béni" en hébreu et en arabe (le nom "Obama" signifie lui "lance enflammée" dans la langue swahili de son père).

         Agé de six ans, Barack Obama suit sa mère, qui s'est remariée avec un indonésien cadre supérieur dans le pétrole, L. Soetoro. Il passe à Djakarta (Indonésie) quatre années de son enfance, de 1967 à 1971, effectuant deux ans de scolarité dans une école musulmane puis deux autres dans un établissement catholique. Soucieuse de lui donner une bonne éducation, sa mère l'envoie ensuite chez ses grands-parents maternels à Honolulu afin qu'il soit scolarisé au collège de Punahou, un établissement privé plutôt réservé aux enfants de l'élite blanche. Sa mère, de nouveau divorcée, et sa demi-soeur indonésienne (Maya Soetoro-Ng, née en 1970), le rejoignent bientôt à Hawaï. Il est bon élève, en outre passionné et excellent joueur de basket, mais c'est aussi l'époque des états d'âme solitaires et des crises identitaires adolescentes. "J'ai appris à passer de mon monde noir à mon monde blanc", écrira-t-il plus tard, "Conscient que chacun d'eux possédait son langage, ses coutumes et ses signes, convaincu qu'il suffisait d'un effort de traduction de ma part pour qu'ils se rejoignent". La famille vit modestement, en partie grâce aux bons des services d'aide sociale, et Barack Obama bénéficie d'une bourse pour suivre ses études jusqu'à l'obtention du diplôme d'entrée aux classes préparatoires.

         À la sortie du lycée en 1979, Barack Obama suit deux années d'études à l'Occidental College de Los Angeles (Californie) avant d'intégrer en 1981 la Columbia University de New York d'où il sort deux ans plus tard avec une licence en Sciences Politiques et en Relations internationales. Il déménage à Chicago où il a décroché un emploi d'analyste d'affaires dans un grand cabinet financier. Mais il abandonne bientôt ce début de carrière prometteur et lucratif pour travailler comme animateur social, payé 800 dollars par mois par une église chrétienne progressiste des quartiers défavorisés. Il travaille alors auprès du pasteur noir Jeremiah Wright, qui deviendra son ami, et se convertit au Christianisme. Il s'engage activement dans un combat contre les inégalités et les discriminations raciales et lutte pour les droits de ses concitoyens noirs.

         En 1988, Barack Obama reprend ses études. Il entre à la Harvard University pour trois années d'études de Droit couronnées par un diplôme de Juris doctor (doctorat) avec mention magna cum laude. Il retourne ensuite à Chicago où, de 1991 à 2005, il travaille comme juriste co-gérant du cabinet d'avocats spécialisé dans les droits civiques "Davis, mineur, Barnhill et Galland". Il occupe aussi parallèlement diverses autres fonctions, comme entre autres celles d'éditeur en chef de la prestigieuse Harvard Law Review et de Conférencier en droit constitutionnel à l'Université de Chicago.

         En 1992, Barack Obama épouse la juriste Michelle Robinson qu'il a rencontré en 1989 lors d'un stage d'études. Elle lui donnera deux filles: Malia Ann, née en 1999, et Natasha, née en 2001. Michelle Robinson-Obama, issue d'une famille ouvrière noire du South Side de Chicago, diplômée de Princeton et de Harvard, est une brillante avocate chargée notamment des relations extérieures et communautaires de l'hopital universitaire de Chicago. Figure du parti démocrate local, elle a beaucoup aidé son mari à conquérir les réseaux politiques du maire de Chicago, Richard M. Daley, dont elle est proche, et contribue aujourd'hui activement à sa campagne électorale.
         Les années 90’ marquent l'intérêt de Barack Obama pour la politique. Proche de la nouvelle gauche libérale progressiste, voire radicale, Barack Obama milite en 1992 pour l'élection de Bill Clinton […]. Inspiré par les luttes de Gandhi, Martin Luther King et Nelson Mandela, il défend activement les causes des noirs, des pauvres, des gays, des étudiants, de l'environnement, et plus généralement opposé à l'ordre moral des néoconservateurs, s'engage dans tous les combats "gauchistes" : luttes contre la peine de mort, contre le Sida, pour l'avortement, pour la justice sociale, etc.

         En 1995, il publie un remarquable essai autobiographique intitulé Dreams from My Fathers (Les Rêves de mes pères) où il raconte son parcours à la fois d'enfant en quête d'un père et de métis vu comme un noir par l'Amérique blanche.

         Barack Obama débute véritablement sa carrière politique en 1996, lorsqu'il est élu dans la 13e circonscription de Chicago (quartiers pauvres du South Side et de Hyde Park) au Sénat de l'Illinois. Il […] lutte activement pour étendre la couverture maladie aux populations les plus défavorisées de l'Etat. […][Battu en 2000 aux élections à la Chambre des représentants]. En 2003, il […][prend] clairement position contre la guerre en Irak. En juillet 2004, son charisme, son éloquence et son discours très remarqué en faveur d'une autre Amérique » le font remarquer dans le camp démocrate. « Le 2 novembre de la même année, il est élu Sénateur démocrate de l'Illinois au Congrès des Etats-Unis […]. Seul afro-américain à siéger au Sénat, et troisième de toute l'histoire des Etats-Unis depuis 1865 […].

 

Élection présidentielle de 2008


         Le 10 février 2007, Barack Obama se déclare officiellement candidat à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle américaine de 2008, malgré la forte concurrence d'Hillary Clinton [qu’il réussit à battre lors des léctions primaires].  […] « Dans la course à la Maison Blanche, Barack Obama affronte le sénateur néo-conservateur John McCain, désigné lui au mois de mars 2008 par le parti Républicain. Ses adversaires politiques, jouant sur le racisme et l'islamophobie latente d'une partie des américains, ainsi que sur la peur du terrorisme, ne manquent pas de rappeler son deuxième prénom, Hussein, et font rimer Obama avec Oussama. Mais pour beaucoup d'américains désabusés par huit années de cynisme politique, il incarne l'espoir et la renaissance du rêve américain de société égalitaire et multi-raciale. Son programme séduit de larges pans de l'électorat: femmes, jeunes, personnes âgées, et pas seulement afro-américains, son talent consistant à dépasser l'enjeu racial sans toutefois renier ses origines. En pleine crise financière planétaire, alors que l'Amérique se découvre en quasi faillite, il parvient à imposer sa stature présidentielle lors des grands débats télévisés qui l'opposent à John McCain. […]

         Le 04 novembre 2008, Barack Obama, 47 ans, est élu 44e président des États-Unis d'Amérique […].

Moins de neuf mois après son arrivée à la Maison blanche, Barack Obama obtient le Prix Nobel de la Paix 2009 "pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie internationale et de la coopération entre les peuples", précise le jury. »

         Copyright © A. M. Levy / La République des Lettres, 09 octobre 2009 ; source : http://www.republique-des-lettres.fr/10727-barack-obama.php

 

 

1)     L’identité légale de Barack Obama

 

éléments qui constituent son état-civil

type

précision

nom

Obama

prénoms

Barack Hussein

lieu de naissance

Honolulu (Hawaï, Etats-Unis)

date de naissance

4 août 1961

origine

afro-américain

 

2)     L’identité biologique et l’identité familiale d’origine de Barack Obama

 

        

père

mère

type physique

noir

blanche

langue maternelle

swahili

anglais (américain)

nationalité (ou ethnie)

kenyane (ethnie Luo)

américaine

position religieuse

musulman (non pratiquant)

chrétienne

fonction (métier)

économiste (au ministère des finances du Kenya)

anthropologue (chercheuse)

 

1) D’après son origine familiale : est-il blanc, noir ou métis ? Justifie ta réponse.

Il est métis : le produit d’un mélange de types physiques différents. Exemple : Obama a un père noir et une mère blanche.

Remarque : les « races » n’existent pas. Il existe une seule espèce humaine. Nous sommes tous des « métis », extrêmement brassés au cours de l’histoire et nous sommes tous (au regard de la recherche scientifique actuelle) soit Africains, soit descendants d’Africains.

 

2) Comment était-il considéré à ce sujet par de nombreux Américains ?

La plupart des Américains le désignent comme « noir », terme souvent mal considéré, souvent avec un sens raciste pour certains d’entre eux.

Remarque : on lui reproche d’être d’origine musulmane, par islamophobie (peur et hostilité à l’égard des musulmans).

 

3) L’expression « afro-américain » convient-elle pour le désigner ?

On peut le considérer comme un « afro-américain » : son père est Africain (Kenyan) et sa mère Américaine.

 

3)     L’identité personnelle

 

les lieux principaux où Obama a vécu Barack

lieux

Etats

Honolulu (Hawaï)

Etats-Unis

Djakarta

Indonésie

New York, Chicago, Boston, Los Angeles

Etats-Unis

 

1) Quelle est sa nationalité ? Américaine.

 

2) Quelle est sa position personnelle en matière de religion ? Il a choisi d’être chrétien à la manière protestante. Sa mère est chrétienne protestante et son père musulman non pratiquant.

 

langues qu’il a apprises ou côtoyées

swahili

anglais, américain

indonésien

arabe

Il a une identité « planétaire », globalisée.

 

par quelles écoles est-il passé ou quelles études a-t-il faites ?

école musulmane (Jakarta)

Harvard University (Boston)

établissements catholiques

Occidental College (Los Angeles)

établissement privé (Honolulu)

Columbia University (New York)

 

3) Souligne dans le texte le passage de sa biographie (vie) qui montre qu’il s’est posé de fortes questions identitaires.

« mais c'est aussi l'époque des états d'âme solitaires et des crises identitaires adolescentes. "J'ai appris à passer de mon monde noir à mon monde blanc", écrira-t-il plus tard, "Conscient que chacun d'eux possédait son langage, ses coutumes et ses signes, convaincu qu'il suffisait d'un effort de traduction de ma part pour qu'ils se rejoignent". » 

 

quels métiers a-t-il faits ?

juriste financier, avocat

animateur social  

homme politique : sénateur, puis président des Etats-Unis

 

l’identité de sa femme

nom et prénom

Michelle Robinson

type physique

afro-américaine

métier

juriste : avocate

religion

protestante

nationalité

Américaine

 

4) Dans quel camp politique s’est-il engagé ? Le camp démocrate : gauche américaine (libérale et progressiste).

 

5) Avait-il beaucoup de chance, au regard de l’histoire, de devenir président des Etats-Unis ? Justifie ta réponse. Qu’est-ce qui dans sa volonté et ses qualités personnelles lui a permis d’être élu président ?

Normalement, il n’avait aucune chance d’être président, en raison de ses origines (père noir africain et musulman) et de son nom (nom africain, prénoms arabes ou hébreu). Il n’y a jamais eu de président « noir » ou métis. Ses adversaires lui créent des obstacles : il est victime de racisme, d’islamophobie et accusé de « liaison avec le terrorisme ».

Mais, il jouit d’éléments favorables : son milieu parental est très favorisé, notamment culturellement (études, papa économiste, maman chercheuse). Il reçoit l’éducation de l’élite américaine « blanche » (Harvard…). Il a réussi à force de volonté (par ses études, les métiers qu’il a exercés et l’action politique qu’il a mise en œuvre). Il a été au contact de langues, de cultures, de religions et de milieux sociaux différents.

 

6) Conclusion : en quelques lignes argumentées, montre que Barack Obama a une identité complexe,  globalisée et construite.

Obama a une identité complexe et globalisée liée à la diversité de ses origines, à la multiplicité des lieux de vie, sur deux continents (Asie, Amérique, avec connaissance de l’Afrique) et un océan (Pacifique), à la la variété des études qu’il a faites et à ses choix personnels.

Barack Obama illustre l’exemple d’une identité faite de l’alliage d’une identité héritée, d’une identité (construite) choisie par lui-même et forgée face aux événements de l’existence.

 

 

Pour le moment, l'identité de Barack Obama ne déplaît pas, puisque la majorité des Américains l'ont réélu président des Etats-Unis en 2012. Indépendamment des questions politiques, l'homme a de nombreux partisans en Europe et dans le monde. Au Kenya et en Indonésie, l'événement est encore vécu comme la victoire de l'un des leurs, qui accède à la direction de la première puissance mondiale. Il symbolise l'avènement de l'identité planétarisée, même si le phénomène n'est pas nouveau en réalité.

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La vie sociale en France - 3e - 2015

20 Juin 2015 , Rédigé par Sadki Publié dans #Cours de base

LA VIE SOCIALE EN FRANCE

 

La démocratie sociale repose sur l’engagement des citoyens dans des actions individuelles et collectives. C’est la liberté pour des personnes — citoyens et étrangers –, d’agir, de se réunir et de s’associer, qui est reconnue par la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (O.N.U., 1948) et par la Constitution de la Ve République en France (1958). Les citoyens et les étrangers vivant sur le sol français peuvent agir seuls dans tous les domaines de la vie. Mais agir ensemble est souvent plus efficace.

Les associations. La liberté d’association est reconnue en France par la loi du 1er juillet 1901.

Une association est un regroupement de plusieurs personnes qui mettent en commun leurs compétences pour agir ensemble. Elle doit être à but non lucratif (ne pas gagner d’argent), ne pas s’opposer à la République et être signalée à la préfecture ou sous-préfecture, où elle doit déposer ses statuts. Elle repose sur les principes de la solidarité et de l’aide gratuite. La plupart des membres des associations sont des bénévoles, donc non rémunérés. Les plus importantes ont souvent des salariés. Certaines permettent d’employer des personnes, en leur fournissant souvent un emploi rémunéré à temps partiel.

Les associations ont des domaines d’action très variés, par exemple :

- humanitaires et caritatives : défense des droits de l’homme, des minorités, lutte contre la pauvreté, aide à l’enfance... Amnesty International, Médecins sans frontières, Croix Rouge, Restos du Cœur, Secours catholique…

- écologiques et favorable au développement durable : les AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne)

- sportives : clubs etc. - culturelles : théâtre...

- religieuses.

Elles peuvent agir par manifestation, pétition, organisation de débats et de meetings, collecte de fonds… 11 millions de bénévoles agissent dans plus d’un million d’associations. Elles complètent l’action de l’État et suppléent aux déficiences de ce dernier (désengagement financier et social croissant de l’État). Beaucoup d’associations se placent sur le terrain traditionnel des syndicats ou des partis politiques.

Les syndicats. La loi de 1884 accorde la liberté syndicale. Auparavant, la loi de 1864 a accordé le droit de grève (cesser le travail sans rémunération).

En France, la liberté de former un syndicat et de faire parti d’un syndicat est reconnue. Un syndicat est une association professionnelle qui réunit des personnes dans le but de défendre les intérêts de ceux qui travaillent et des chômeurs. Il y en a dans la fonction publique et dans beaucoup d’entreprises privées.

Le pluralisme et la diversité syndicales sont de règle chez les employés alors que les chefs d’entreprise sont regroupés dans un seul syndicat dominant.

Normalement détachés de toute allégeance politique, en réalité ils partagent une coloration politique dominante. Exemples de syndicats :

- d’employés : CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens – plutôt à droite), CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail – désormais gauche, en partie à droite), CGC (Confédération Générale des Cadres – à droite), FO (Force Ouvrière, gauche et en partie à droite), CGT (Confédération Générale des Travailleurs – gauche)

- de patrons : MEDEF (Mouvement des Entreprises de France – très largement à droite).

Les premiers et les seconds négocient entre eux (« dialogue social ») et face à l’État (salaires, droits, conditions de travail, sécurité au travail, retraites…). En cas de désaccord, le recours à la justice, à la manifestation ou à la grève est une possibilité.

La division des syndicats d’employés, la faiblesse du nombre des syndiqués et de leur ressources posent problème. Le syndicalisme français est un des plus faible, ce qui n’est pas le cas dans des pays équivalents. Le recul du syndicalisme est un danger pour la démocratie et la vie sociale. Par contre, le principal syndicat de patrons, le MEDEF bénéficie de la force de l’union et d’un quasi monopole. Ses ressources sont sans commune mesure avec les premiers et son influence sur la vie politique et la société civile sans égal. De même, il pratique à grande échelle le lobbying.

D’ailleurs, sans faire partie de syndicats, les acteurs privés, financiers et économiques, qui agissent dans le cadre du marché, ont une puissance d’intervention considérable dans la vie sociale : la plupart des relais d’opinion, comme les médias, leurs appartiennent.

Conclusion : les associations et les syndicats sont une expression de la démocratie et favorisent son bon fonctionnement et le lien social.

Manifestation de syndicats et de non syndiqués sur la question de l'enseignement public - Valence (Drôme - France)

Manifestation de syndicats et de non syndiqués sur la question de l'enseignement public - Valence (Drôme - France)

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La vie politique en France - 3e - 2015

20 Juin 2015 , Rédigé par Sadki Publié dans #Cours de base

LA VIE POLITIQUE EN FRANCE

 

La vie politique est conditionnée par la constitution de la Ve république, adoptée depuis 1958 : elle fonde le contrat politique entre les citoyens et l’État.

Elle repose sur le partage du pouvoir : le pouvoir exécutif qui propose les lois, le pouvoir législatif qui les vote et l’autorité judiciaire qui veille à leur bonne application.

Le pouvoir exécutif domine la vie politique : il appartient au président de la république (acteur clé autour duquel tourne la vie politique en France en raison de la constitution ; actuellement François Hollande) et au gouvernement. Élu pour 5 ans, le président est le chef de l’État, dispose de grands pouvoirs dans tous les domaines (chef des armées, chef de la diplomatie…) et fixe la politique générale du pays. Il nomme le premier ministre qui conduit sa politique et peut dissoudre l’Assemblée nationale (provoquer de nouvelles élections de députés).

Le gouvernement est composé du premier ministre (actuellement Manuel Valls), qui le dirige et de ministres et secrétaires d’État. Disposant d’un budget et s’appuyant sur l’administration pour mener sa politique, il prend des décisions (ordonnances, décrets, circulaires) et propose des lois au Parlement.

Le pouvoir législatif appartient au Parlement. Son rôle, certes important, est en réalité secondaire. Par crainte et répugnance, les citoyens sont rarement appelés à utiliser ce pouvoir par référendum. Le Parlement est composé de l’Assemblée nationale (577 députés élus pour 5 ans) et du Sénat (348 sénateurs élus pour 6 ans). Le Parlement vote les lois, peut modifier les projets de lois du gouvernement et proposer ses propres lois. L'Assemblée nationale peut renverser le gouvernement (vote d'une motion de censure). Les deux assemblées doivent se mettre d’accord sur un texte identique : le projet peut faire la navette de l’une à l’autre. En cas de désaccord final, les députés décident seuls. Les parlementaires peuvent interpeller le gouvernement tous les mercredis. La loi ne peut s’appliquer que si elle est signée par le président de la république et publiée au journal officiel.

En France, le pouvoir judiciaire est seulement une autorité judiciaire. Son indépendance est incomplète. Il a peu de contrôle sur les deux autres pouvoirs, mais davantage sur l’administration et la société civile. Le président de la république en fonction bénéficie n’est pas justiciable comme les autres citoyens. Le président, en cas de haute trahison, et les membres du gouvernement peuvent être jugés par des tribunaux spéciaux.

Le contrôle des pouvoirs peut être exercé par le Parlement (commissions d’enquêtes parlementaires) et de manière croissante par le Conseil constitutionnel, qui vérifie que les lois et les élections sont conformes à la constitution et aux traités internationaux signés par la France. Le Conseil d’État vérifie par avance les projets de loi du gouvernement et sert de tribunal administratif supérieur, qui défend les droits des citoyens, peut annuler un acte du gouvernement et condamner l’État à indemniser une victime. La Cour des comptes vérifie l’usage de l’argent public.

Les partis politiques animent la vie politique (débats, programmes, campagnes électorales). Leur pluralité est garantie par la constitution. Depuis le début du XXe siècle, ce sont les acteurs majeurs. Les plus grands (Les Républicains et le Parti socialiste) accèdent à la direction du pays et associent parfois de petits partis pour obtenir une majorité de gouvernement. Expression fondamentale de la démocratie, le jeu des partis a un effet pervers antidémocratique : il a tendance à anémier la vie politique, aucun acteur politique ne peut accéder au pouvoir suprême hors des partis et il éloigne les citoyens des décisions. La professionnalisation de la vie politique limite le renouvellement démocratique, favorise les mécontentements et l’abstention. Le marché, les acteurs financiers (banques…) et économiques (chefs d’entreprise) agissent puissamment (lobbying) dans la vie politique et imposent leurs vues aux décideurs politiques, au détriment souvent de la volonté générale des citoyens.

Pour une étude comparée des partis politiques actuels, cliquez sur le lien suivant : http://www.histege.com/2015/06/les-partis-politique-en-france-2012-2015.html

La décentralisation des pouvoirs vers le bas. La république est fortement centralisée : la plupart des décisions se prennent à Paris. La décentralisation (1982 et 2003) transfère une partie des pouvoirs de l’État aux collectivités territoriales (communes, départements, régions et collectivités d’outre-mer). Par exemple, l'enseignement public est ainsi géré, financé et équipé : les communes (mairies) se chargent des écoles primaires, le conseil départemental des collèges et le conseil régional des lycées.

L’intégration européenne vers le haut. Le Conseil européen (chefs d’État et de gouvernement) surtout, la Commission européenne et le Parlement européen jouent un rôle croissant dans la vie du pays et des citoyens. État membre fondateur, la France est soumise aux lois de l’Union européenne (directives), dont certaines sont des avancées démocratiques, qui renforcent les droits des gens. Leur non-application peut entraîner des pénalités financières pour la France. La politique européenne, qui paraît trop lointaine, est contestée par les nationalistes (souverainistes) et les antilibéraux qui refusent la politique économique libérale de l’Union.

Le citoyen a des droits politiques fondamentaux : voter, être candidat (éligibilité) et élu, participer au gouvernement. Il peut manifester ses opinions, agir dans le cadre d’une association et adhérer à un parti politique. Il est aussi citoyen de l’Union européenne. Il peut voter à dates régulières aux différentes élections, à toutes les échelles du pouvoir (de la commune à l’Union européenne). Le citoyen est un acteur essentiel de la démocratie : c’est lui qui l’a fait vivre. Alors qu’il devrait être l’acteur premier et majeur de la vie politique, en réalité, le citoyen n’a pas d’influence directe sur les grandes décisions car la France est une « démocratie représentative » (décisions prises par des élus) et non une démocratie directe (décisions prises par les citoyens eux-mêmes).

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La région - géographie - 3e

29 Janvier 2014 , Rédigé par histege Publié dans #Cours de base

LA REGION

 

I/ L'EXEMPLE DE LA REGION RHÔNE-ALPES - CROQUIS

 

 

Croquis région Rhône-Alpes espaces à compléter

fond de carte


 

Croquis région Rhône-Alpes espaces 3e 2

croquis de synthèse

 

Légende croquis Rhône-Alpes

légende partie 1

 

Légende croquis Rhône-Alpes 3e 2 suite

légende partie 2

 

II/ COMMENTAIRE – la région Rhône-Alpes

1° Une région peuplée et urbanisée.2e région la plus peuplée de France, elle est aussi très urbanisée avec un réseau de villes complet et hiérarchisé, dominé par Lyon, 2e ville de France (1 million d’habitants), formant une grande aire urbaine, qui se prolonge le long de la vallée du Rhône et en partie vers Grenoble. Alors que Grenoble est dynamique, Saint-Etienne souffre du déclin de l’industrie.

 

2° La deuxième pour la richesse produite (15e de l’Union européenne) en PIB. Celle-ci repose sur :

-          Les services de haut niveau, notamment à Lyon, comme la banque et les sièges sociaux d’entreprise de même que pour la logistique (transports) et le tourisme, lié aux sports d’hiver (2e région touristique de France, plus grand domaine skiable du monde).

-          Surtout l’industrie, ancienne (textile, mécanique…) qui a su se renouveler : pharmacie, industrie de la santé, couloir de la chimie, plasturgie, biotechnologies, énergie (nucléaire, hydroélectricité)… Les hautes technologies sont des points forts, notamment dans les technopoles de Grenoble et de Lyon. Certaines régions sont cependant en déclin (Saint-Etienne, Roanne).

-          Les autres espaces ruraux sont variés. Certains, liés à la culture de la vigne (Côtes-du-rhône), des cultures maraîchères et fruitières sont dynamiques, y compris pour les cultures raisonnées et bio. D’autres sont en difficulté, comme l’espace montagnard (Ardèche).

 

3° Une région fortement insérée dans l’espace national et européen. L’axe rhodanien fait partie de l’axe principal des transports français, qui réunit Lille-Paris-Lyon-Marseille. C’est un axe qui relie également l’Europe du Nord-Ouest et la Méditerranée occidentale. Lyon joue un rôle de carrefour et possède un hub intermodal qui associe des transports rapides et puissants : port fluvial, nœuds autoroutier et ferroviaire, y compris le TGV et un aéroport international (Lyon Saint-Exupéry, 2e de France). Genève, métropole européenne, exerce aussi son influence sur le nord-est de la région. La position de carrefour peut être renforcée :

-          vieux projet de liaison Rhin-Rhône toujours pas réalisé

-          projet de ligne à grande vitesse (LGV) à travers les Alpes (avec un tunnel bitube de 57 km sous le Fréjus) pour le transport de voyageurs et surtout de marchandises, reliant Lyon et Turin.

 

Vocabulaire :

axe : ligne très fréquentée par des flux

flux : déplacements d’hommes, de marchandises, de capitaux et d’informations

hub : lieu où se connectent plusieurs grands moyens de transport (plate-forme intermodale)

pôle : centre qui concentre la population, la production, les décisions et qui dirige les flux

réseau : espace organisé par des pôles, avec de nombreux points connectés par des liens et des flux

technopole : parc d’activités associant recherche, ingénierie (hautes technologies) et services de haut niveau.

 

III/ LES REGIONS

La France est organisée en 27 régions :

-          22 régions métropolitaines

-          5 départements et régions d’outre-mer (DROM).

Depuis les lois de décentralisation de 1982 et de 2003, une région est une collectivité territoriale, placée entre le département et l’Etat et dirigée par un conseil régional, élu au suffrage universel. L’État lui a transféré une partie de ses pouvoirs et de ses ressources.

Les régions sont des acteurs importants de l’aménagement des territoires. Elles consacrent un budget important à la réalisation d’équipements qui répondent aux besoins des habitants : financement du train express régional, construction et équipement des lycées, aide aux financements des universités, des entreprises…

Les régions ont accepté l’Agenda 21. Par ce document, la région se donne des objectifs pour le respect de l’environnement et le développement durable.

Un projet de redécoupage des régions a été élaboré pour faire évoluer les limites actuelles. En limitant leur nombre à 15 (Rhône-Alpes se rapprocherait de l’Auvergne), cela permettrait de renforcer le poids de chacune au sein de l’Union européenne.

Pour faciliter l’intégration des régions en Europe, des eurorégions ont été créées (Rhône-Alpes fait partie de Alpes-Méditerranée, notamment avec la Provence et le Piémont italien).  Ce sont des régions européennes frontalières qui se regroupent pour développer des projets communs, notamment transfrontaliers, dans le domaine des transports, de l’environnement ou de la formation. Elles bénéficient de financements européens.

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De la ville à l'espace rural. II./ L'espace rural - 2012-2013

15 Novembre 2012 , Rédigé par histege Publié dans #Cours de base

Pour compléter la fin du chapitre, De la ville à l'espace rural, voici le corrigé du dossier sur le parc national du Mercantour, qu'il faut connaître pour bien préparer l'évaluation du lundi 19 novembre 2012 (classes de 3e 2 et 3e 3).

 

 

II. L’ESPACE RURAL : L’EXEMPLE DU PARC NATIONAL DU MERCANTOUR

 

1) Le parc national du Mercantour se situe dans les Alpes du Sud, le long de la frontière italienne.


2) Le parc national du Mercantour est formé de deux espaces :

- La zone cœur, qui obéit à une règlementation très stricte

- La zone d’adhésion où les communes s’engagent à préserver l’environnement.

 

3) Les richesses naturelles sont variées :

     - la flore : de nombreuses variétés de fleurs, dont certaines endémiques (qui n’existent que dans des zones précises)

        - la faune : loups, aigles…

        - les paysages : vallée des Merveilles.

 

S’ajoutent des activités économiques :

        - agriculture et élevage

        - tourisme, lié à la neige (stations de ski et « or blanc ») et à la nature (tourisme vert).

 

4) Les « Balcons du Mercantour » sont un projet touristique : le but est de favoriser le « tourisme vert », par l’ouverture de chemins de randonnée, jalonnés par des refuges, accessibles par téléphérique. Le projet s’oppose totalement aux objectifs du cœur du parc qui interdisent l’usage d’engins motorisés pour permettre la préservation des espaces naturels.

 

5) La deuxième source de conflit oppose les éleveurs et les défenseurs de la nature en raison de la présence du loup, prédateur des troupeaux en estive.

 

6) Les règles d’usage du parc du Mercantour sont fixées par une règlementation précise, sous le contrôle de l’Etat.

 

         a) Les acteurs qui s’affrontent à propos du parc sont nombreux : les éleveurs, les habitants, les associations de défense de l’environnement, mais aussi les acteurs économiques, les collectivités territoriales et l’Etat. Ils sont privés ou publics.

 

         b) Les points de désaccord sont liés à l’existence de communautés humaines anciennement établies et qui veulent défendre leurs intérêts, à la volonté de préserver l’espace naturel et au développement récent de l’activité touristique.

 

         c) Le parc est créé par l’Etat en 1979 pour préserver l’environnement. Le loup a réinvesti le territoire à partir de 1992. Le conseil général (département) a lancé un projet touristique pour dégager des ressources économiques, mais qui transforme une partie du paysage (« Les Balcons du Mercantour »).

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Le monde d'aujourd'hui - 3e - 2011-2012

7 Septembre 2011 , Rédigé par Aziz Sadki Publié dans #Cours de base

LE MONDE D’AUJOURD’HUI

 

         Objectifs :

         - présenter le monde d’aujourd’hui, à l’aide de cartes, en l’expliquant par les évolutions principales au cours du XXe siècle (en croisant l’histoire et la géographie).

         - aider l'élève à se situer dans le monde d’aujourd’hui (éducation civique : démocratie et absence de démocratie).

        
I. LES HOMMES VIVENT AVANT TOUT EN ASIE

 

Carte : la population mondiale en 2005 (p. 8)

 

1° Quel continent concentre la majeure partie de la population mondiale ?

2° Quels sont les deux États les plus peuplés ?
La population mondiale est inégalement répartie entre les États et entre les continents. L’Asie, à elle seule, regroupe près deux êtres humains sur trois. Deux géants dominent, formant des foyers de population : la Chine et l’Inde (plus d’un être humain sur trois). L’Europe est ensuite le 3e foyer de population mondiale.

L’Asie est le continent le plus peuplé depuis l’Antiquité. Son avance s’est accrue au cours du XXe siècle (« explosion démographique » qui concerne surtout les États pauvres). La population des États riches augmente faiblement, étant entrés les premiers dans la « transition démographique ».

 

II. LA PLUPART DES HOMMES SONT PAUVRES, UNE MINORITE DOMINE ECONOMIQUEMENT LE MONDE

 

Carte : indicateur de développement humain (IDH) en 2004 (p.10)

 

3° Que traduit l’IDH (indicateur de développement humain) au point de vue de la répartition de la richesse dans le monde ?

L’IDH montre qu’il y a de grandes inégalités de développement entre les États riches du Nord (États-Unis, Europe, Japon...) et les États pauvres du Sud (Pérou, Ethiopie, Bengladesh...).

 

Cartes : les trois pôles de l’économie mondiale (p. 9) et les organisations commerciales régionales (p. 11)

 

4° Quels sont les principaux pôles économiques du monde ?

5° Quelle est la situation des ensembles en vert par rapport aux grands flux commerciaux mondiaux ?

L’Europe domine économiquement le monde en 1914, devant les États-Unis et le Japon. Aujourd’hui, quatre pôles dominent l'économie mondiale : Union européenne, États-Unis, Chine et Japon. Ceux appelés jusqu'ici la Triade ont pris une forte avance avec la révolution industrielle du XIXe siècle et après 1945 ils ont connu une forte croissance économique (pays capitalistes et libéraux). Le reste du monde, longtemps dominé (colonisation) et à l’écart des échanges mondiaux, a encore beaucoup de mal à suivre le rythme des États riches. Les États du Sud, qui forment la plus grande partie de la population mondiale forment aussi une périphérie dominée et dépendante économiquement des États de la Triade. Cependant, la montée rapide de la puissance économique chinoise fait que le terme de Triade n'est plus valable aujourd'hui. D’autres États émergent, comme l’Inde ou le Brésil. La domination économique n’est plus exclusivement occidentale.

Triade = États-Unis, Union européenne, Japon.

 

III. L’OCCIDENT DOMINE POLITIQUEMENT LE MONDE

 

Cartes des États du monde en 1914 et en 2007 (pages intérieures de couverture)

 

Quelle région domine le monde en 1914 ?
L’Occident (Europe, y compris Russie, plus Etats-Unis), mais surtout l’Europe.

 

7° Quelles sont les régions dominées ?
La plus grande partie du monde est dominée, l’Afrique en quasi-totalité et une grande partie de l’Asie.

 

Quelles sont les principales formes de domination ?

La principale est impériale, avec une forme particulière coloniale : le Royaume-Uni, la France et la Russie sont les plus grands pays colonisateurs. Mais l’Europe domine aussi économiquement le monde, suivie par les Etats-Unis, puis le Japon.

 

9° Quels sont les principaux changements intervenus depuis 1914 ?

C’est toujours l’Occident qui domine. Son modèle culturel influence profondément les autres aires culturelles (chinoise, hindoue, musulmane, africaine, mélanésienne...). Mais, l’Europe n’est plus la seule aujourd’hui. Elle a perdu une partie de sa puissance avec les deux guerres mondiales, le fascisme (nazisme en particulier) et la décolonisation. Elle retrouve, aujourd’hui, une place importante par la création de l’Union européenne. Mais, politiquement, le cœur de l’Occident s’est déplacé aux Etats-Unis, puissance hégémonique mondiale. Sa position s’est consolidée avec l’effondrement de l’URSS à partir de 1989 (fin de la guerre froide), mais est de plus en plus contestée. La Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud, en particulier, commencent à remettre en cause la domination exclusive de l'Occident.

 

Les États sont désormais beaucoup plus nombreux et souvent plus petits (tendance à l’émiettement). Mais, il y a des États géants : Russie, Canada, États-Unis, Brésil, Chine, Inde et Australie. Bon nombre de nouveaux États sont apparus ou sont redevenus indépendants. D’abord parce que certains empires (russe pour partie, allemand, austro-hongrois, turc) ont disparu à la suite de la première guerre mondiale. Ensuite et surtout en raison de la décolonisation après 1945. Les États dominés en 1914 ont obtenu leur indépendance, soit par la guerre, soit par la négociation forcée. Tous les États du monde sont officiellement indépendants... mais, dans la réalité, la situation est plus complexe.

 

Remarques :

-         le retour de la puissance chinoise (qui s’ajoute en partie à celle du Japon) tend à limiter la domination de l’Occident.

-         l’empire russe n’a que partiellement disparu.

 

IV. NATION, DÉMOCRATIE ET ABSENCE DE DÉMOCRATIE

 

La plupart des États du monde s'organisent en nations. Le nationalisme est le principal moteur de l'histoire. Il est également le principal responsable des guerres, notamment des deux guerres mondiales. La démocratie s'est organisée dans le cadre intérieur de certaines nations. Elle cherche à le faire au-delà (Union européenne). Mais, il n'y a pas de démocratie mondiale (malgré l'existence de l'ONU...).

Trois mouvements politiques se sont puissamment concurrencés à l'époque contemporaine : le libéralisme, le socialisme (y compris sous la forme du communisme), nés au XIXème siècle et le fascisme, né au début du XXe siècle. Le premier domine aujourd'hui. Le second a presque entièrement disparu. Le troisième est battu (provisoirement).

 

Carte : les conflits entre 1999 et 2006 (p. 11)

 

Carte : la liberté dans le monde d’après l’association Freedom House, 2011

 

Freedom House 2011 map

  Légende :

- vert : liberté dominante

- jaune : liberté partielle

- violet : absence de liberté

 

10° Quelles sont les régions du monde qui connaissent le plus de conflits ?

11° Quelles sont les grandes régions qui connaissent la démocratie ?

12° Y a-t-il un lien entre  conflits et démocratie ?

On constate généralement des liens entre l’existence de conflits, le niveau de développement et la démocratie : la plupart des guerres concernent aujourd’hui des États pauvres, surtout en Afrique et en Asie. Les États de la Triade ont le niveau de vie le plus élevé et les conflits sont rares car la plupart sont des États démocratiques. Les États pauvres connaissent plus de conflits car ils sont souvent plus récents (frontières), ont une grande difficulté d’accès à la richesse et sont marqués par l’absence ou la faiblesse de la démocratie. La démocratie s'est depuis le XVIIe siècle et jusqu'ici avant tout implantée dans l'Occident, mais elle n’y est plus cantonnée. Ainsi, l’Inde est le plus grand État démocratique par sa population. En 2011, le "printemps arabe" déclenche une série de révolutions qui entraînent le renversement de dictatures (Tunisie, Égypte, Libye) et des luttes violentes, notamment en Syrie et au Yémen : les populations réclament plus de dignité et de justice, l'instauration de la démocratie et le partage des richesses.  Les États démocratiques sont généralement les plus puissants militairement et poursuivent des guerres, désormais et le plus souvent, à l’extérieur de leurs frontières (États-Unis, Royaume-Uni, France...), sur le territoire des États pauvres. Mais, les États autoritaires sont encore nombreux.

 

Remarques :

-         aucun État n’est suffisamment démocratique

-         la carte de Freedom House est indicative ; les critères retenus peuvent être légitimement discutés ; elle ne tient pas compte des changements intervenus dans l'année 2011 ("révolutions arabes"...)

-         la variété des situations est très grande, y compris à l’intérieur de chaque catégorie

-         il n’y a pas de démocratie à l’échelle mondiale et la démocratie n’est pas forcément le principe actif dans la relation entre les États.

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La période révolutionnaire 1789-1815 - France

30 Janvier 2011 , Rédigé par histege Publié dans #Cours de base

 

LA PERIODE REVOLUTIONNAIRE

1789-1815

 

chap 4 p 58-93

chap 5 p 94-109

 

I. LE DECLENCHEMENT DE  LA REVOLUTION

 

     En 1789, Louis XVI est un roi de France absolu. Mais, il y a une crise :

         - politique : les philosophes contestent la monarchie absolue

         - financière : l'état royal est fortement endetté depuis plusieurs années, car les dépenses sont supérieures aux recettes.

        - frumentaire : la situation est aggravée par les mauvaises récoltes en 1787-1788.

 

      Pour résoudre les problèmes d'argent, le roi décide de réunir les Etats généraux : assemblée de délégués des 3 ordres.

     Des élections sont organisées partout en France. Pour connaître la situation, le roi demande aux Français d'exprimer leurs doléances (plaintes, réclamations...). Plusieurs dizaines de milliers de cahiers de doléances sont rédigées.

     Chaque ordre a droit à 300 délégués. Le Tiers-Etat (« peuple ») s'estime sous-représenté. Le roi finit par accepter de doubler le nombre. Au total :

          - clergé : 300 délégués

          - noblesse : 300

          - Tiers-Etat : 600.

 

      Le 5 mai 1789 : ouverture des Etats-Généraux. Le roi demande une augmentation des impôts. Les 3 ordres sont déçus. Le Tiers-Etat réclame :

           - une diminution et une suppression de certains impôts

           - une réforme de l'organisation politique (une plus grande participation des 3 ordres aux décisions politiques).

 

 

      Le roi et la majorité des députés ne s'entendent pas. Les députés du Tiers-Etat avec quelques représentants du clergé et de la noblesse se réunissent dans une autre salle : la salle du jeu de paume.

           - le 17 juin : les députés se transforment en assemblée nationale : naissance de la souveraineté populaire qui concurrence celle du roi

            - le 20 juin : les députés prêtent serment de ne jamais se séparer tant qu'ils n'ont pas rédigé une constitution pour la France.

 

      Le roi donne l'ordre aux troupes d'encercler Paris et de se préparer à intervenir. Une partie des Parisiens se soulève pour défendre les députés.

 

      Certains d'entre eux s'emparent d'une prison-forteresse la Bastille le 14 juillet 1789 : elle va symboliser la fin de l'arbitraire royal.

 

      Les événements parisiens commencent à être connus en province, mais de manière déformée. Ils déclenchent une grande peur dans de nombreuses régions. Des paysans s'attaquent aux biens du roi, des nobles et de l'Eglise. Certains châteaux sont incendiés et en particulier les terriers (actes de propriété). Certains nobles doivent fuir : les émigrés.

 

 

     La plupart des députés sont des propriétaires et prennent peur. Dans l'espoir de mettre fin aux destructions, le duc d'Aiguillon et le vicomte de Noailles proposent que le clergé et la noblesse abandonnent leurs privilèges. La proposition est finalement votée dans la nuit du 4 août :

           - abolition des privilèges

           - naissance de l'égalité des droits en France (les Français deviennent des citoyens).

 

      Le roi refuse de signer les lois prises par l'assemblée nationale. Début octobre des Parisiennes vont le chercher à Versailles et l'obligent à s'installer dans l'ancien château royal des Tuileries dans Paris.

 

 

II. LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE

 

     Les députés révolutionnaires mettent en place progressivement une France nouvelle.

 

     Des principes nouveaux :

            - égalité (donc des citoyens)

            - libertés (voir éducation civique)

            - souveraineté populaire : le peuple (= ensemble des citoyens) est souverain

            - séparation des pouvoirs.

Ces principes sont définis dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : 26 août 1789. La déclaration est en fait l'introduction à la constitution :

            - loi fondamentale qui définit l'organisation du pouvoir et les droits et les devoirs du citoyen. 1re fois en France.

            - adoptée en 1791.

 

      Une organisation politique nouvelle :

     Doc 2 p 66 : le pouvoir n'est plus absolu, il est partagé en deux :

            - le roi est le chef du pouvoir exécutif, nomme les ministres et peut refuser de signer les lois (droit de veto)

             - l'assemblée nationale a le pouvoir de voter les lois et contrôle le budget. Les députés sont élus par les citoyens riches (suffrage censitaire). Les femmes et les pauvres sont exclus : c'est l'arrivée au pouvoir de la bourgeoisie.

             - les juges sont élus.

La France est devenue une monarchie constitutionnelle.

 

       Une nouvelle organisation administrative doc 1 p 68

      83 départements remplacent les anciennes provinces accusées de soutenir le roi : noms de fleuves, de montagnes... égalité administrative pour tous les Français.

 

      Une nouvelle justice

     Les juges sont élus : on n'achète pas sa charge.

 

      Une nouvelle finance

     Le manque d'argent continue :

            - égalité devant l'impôt (tous les citoyens le paient)

            - création d'une monnaie de papier, l'assignat, garanti sur la vente des biens de l'Eglise, désormais biens nationaux.

 

      Une nouvelle économie

            - les douanes intérieures à la France sont supprimées

            - loi Le Chapelier : liberté d'entreprise, du travail et du commerce. Liberté pour les patrons mais non pour les ouvriers : pas le droit de se réunir, de manifester, de faire grève, de former une corporation (« ancêtre du syndicat »).

            - droit de clôturer son champ

            - nouvelles unités de mesure : mètre, gramme, stère (volume), litre...

            - une nouvelle monnaie : le franc

 

      Une nouvelle organisation religieuse

            - liberté religieuse

            - les religieux (clercs) doivent accepter la Constitution civile du clergé : sortes de fonctionnaires de l'Etat (ne supportent pas cela).

 

      Le roi n'accepte pas les décisions de l'assemblée, ni qu'on s'en prenne à la religion, il fuit secrètement vers l'Autriche mais est arrêté à Varennes-en-Argonne et ramené à Paris en juin 1791. Son prestige personnel est touché.

 

 

III. LA PREMIERE REPUBLIQUE 1792-1799

     Doc 3 p 79 : La constitution étant adoptée, on élit une nouvelle assemblée, appelée convention. Les députés se répartissent en trois groupes politiques :

           - les Girondins, sous la direction de Brissot et Vergniaud : ce sont des modérés qui veulent avant tout défendre le pays, ne pas juger le roi et qui craignent le peuple

          - les Montagnards  qui veulent aller plus loin dans la Révolution, veulent condamner le roi et accorder plus de droits au peuple (égalité réelle, partage des richesses, droit de vote).

          - la Plaine ou le Marais qui hésitent entre les Girondins et les Montagnards.

 

     Les Girondins dominent d'abord. Des sans-culottes (définition p 71) veulent juger le roi et attaquent le château des Tuileries le 10 août 1792 (doc 6 p 67). Les Autrichiens et les Prussiens envahissent l'Est du pays (carte 1 p 70), mais sont arrêtés à Valmy le 21 septembre (tableau 2 p 78) : victoire qui va servir à glorifier la France comme nation révolutionnaire.

     22 septembre 1792 : proclamation de la République (fin de la monarchie).

 

     Louis XVI est jugé et condamné à mort (décembre 1792), puis guillotiné le 21 janvier 1793.

 

     Carte 1 p 71 : les monarchies européennes se liguent contre la France. L'assemblée décide de lever 300 000 hommes. La Vendée (texte 2 p 70) et certaines villes (Marseille, Lyon...) se soulèvent pour défendre la royauté.

 

     Accusés de mollesse par rapport au roi, les Girondins sont arrêtés, jugés et guillotinés. Les Montagnards dominent désormais (juin 1793-juillet 1794) :

           - le Comité de Salut Public, dirigé par Robespierre (doc 9, 10 et 11 p 73) à Paris, relayé par des comités en province dirige la Révolution

            - le calendrier chrétien est supprimé et remplacé par un calendrier révolutionnaire (doc  4 p 71) : on veut déchristianiser la France

             - on installe une dictature révolutionnaire, basée sur la Terreur (docs 5, 6 et définition p 71, carte 4 p 79). Les royalistes, les prêtres réfractaires (doc 3 p 66) et les Révolutionnaires hostiles aux Montagnards sont traqués, jugés par des tribunaux révolutionnaires et exécutés. Certains Montagnards sont même guillotinés : Danton (docs 6, 7 et 8 p 73) et les « Indulgents ». Au total, la Terreur entraîne la mort de 15 000 personnes.

 

      Les autres députés prennent peur : Robespierre et les siens (Saint-Just...) sont arrêtés, jugés et exécutés le 27 juillet 1794.

 

       C'est au tour de la Plaine avec le Directoire de dominer la Révolution. L'abbé Sieyès met fin à la Terreur.

Schéma 5 p 79 : une nouvelle constitution est mise en place en 1795 :

            - le pouvoir exécutif est confié à 5 directeurs (Directoire)

            - deux assemblées (Conseil des 500 et Conseil des Anciens) ont le pouvoir législatif

            - le droit de vote est réservé aux riches (suffrage censitaire).  C'est le triomphe de la bourgeoisie modérée (propriétaires : docs 1 p 76 et 5 p 77).

 

      Mais des problèmes importants subsistent :

            - des révoltes royalistes, dont celle de 1795, brisée par le général Bonaparte (doc 3 p 76)

            - les Egaux, qui veulent une égalité complète entre les hommes sont arrêtés en 1796

            - les députés sont corrompus

            - les prix montent (graphique 2 p 76), ce qui entraîne, chômage, misère et brigandage.

 

     Tableau 6 p 77 : un jeune général, Bonaparte profite de la situation pour faire un coup d'Etat le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), mettre fin à la République et prendre le pouvoir.


IV. LA PERIODE NAPOLEONIENNE 1799-1814/1815

 

1)   L'Etat napoléonien

 

     1799 : à la suite du coup d'Etat, Napoléon crée un nouveau régime politique (ni la monarchie, ni la république), inspiré des Romains : le consulat, avec 3 consuls qui ont le pouvoir exécutif. En réalité, Napoléon, 1er consul, a tous les pouvoirs.

     Il rétablit le suffrage universel masculin, qu'il utilise pour renforcer son pouvoir, grâce à des plébiscites : élections à choix restreint dans lesquelles les électeurs répondent par oui ou par non à une question posée par le gouvernement. Bientôt, Napoléon se désigne consul à vie.

     En 1804 : changement de régime politique. Le 2 décembre, il se fait couronner et sacrer empereur par le pape à Paris (cathédrale Notre-Dame) :

      - il légitime (justifie) son pouvoir par dieu et la religion (comme les rois de France)

      - il se couronne lui-même (montrer qu'il ne tient son pouvoir ni de dieu, ni du peuple, mais de lui-même).

     - se réfère à l'empereur romain (voir son costume de sacre, avec la pourpre impériale), pour dépasser la monarchie et tenter de prendre la première place en Europe

     - le sacre est représenté par son peintre officiel David : représentation symbolique de la puissance impériale.

    Tout cela s'ajoute à la dimension plébiscitaire de son pouvoir (élection divine, élection populaire, auto-élection).

 

    Au sens du XVIIIe siècle, c'est un despote "éclairé".

 

     Deux régimes politiques :

           - 1799-1804 : consulat

           - 1804-1814/1815 : empire.

     Au total, un pouvoir personnel, militaire et dictatorial, avec une fiction démocratique.

 

2)   Une société centralisée et contrôlée


      Les structures de la France, marquées par une base monarchiste depuis plusieurs siècles et modifiées par la révolution, reçoivent de nouvelles modifications avec Napoléon.

Document du livre

Création de Napoléon

Date

Contenu de la mesure

Objectif

2 p. 80

Préfets

1800

Agents de l'Etat qui dirigent le département (levée d'impôt, recrutement de soldats, surveillance de la population)

Centraliser l'administration (application des décisions de Paris dans les départements)

4 p. 81

Lycées

1802

Enseignement et exercices militaires

Fournir les cadres civils et militaires de l'Etat

3 p. 80

Légion d'honneur

1802

Décoration

Distinguer l'élite favorable au pouvoir

1 p. 84

Noblesse d'Empire

1808

 

Eliminer la noblesse royale et distinguer une nouvelle noblesse qui soutient le régime impérial

 

Catéchisme impérial

1806

 

Chacun doit obéir à l'Empereur, à Dieu et à l'Eglise

6 p. 81

Concordat

1801

Signé entre l'empereur et le pape : catholicisme reconnu comme la religion de la majorité des Français, mais l'Etat nomme et paie les évêques et les curés

Rétablir la paix religieuse

3 p. 88

Rétablissement du culte israélite

1806

Autorisation de la religion juive

 

5 p. 81

Code civil

1804

Recueil de lois qui règlent les relations entre les individus (synthèse de lois romaines, germaniques, royales et révolutionnaires)

Bases de la société : famille (autorité du père), propriété, égalité devant l'impôt et égalité d'accès à toutes les charges 

3 p. 84

Censure

1805, 1810

Interdiction de journaux ou articles défavorables au régime

Contrôler la presse

4 p. 85

Livret ouvrier

1803

Document d'administration

Surveiller les ouvriers (grèves interdites...)

5 p. 87

Esclavage des Noirs

20 mai 1802

Rétablit l'esclavage des Noirs supprimé par la Convention le 14 février 1794

Favoriser l'économie coloniale française

5 p. 81

Franc germinal

1803

Nouvelle monnaie

Monnaie plus forte et plus stable

 

Banque de France

1800

 

 


     Conclusion : le régime napoléonien est une dictature militaire, autoritaire et de plus en plus monarchique. La société française est contrôlée. Napoléon met fin à la Révolution : il fait la synthèse entre la monarchie d'Ancien Régime (ordre) et la Révolution (garantie de l'égalité entre les Français), tout en jetant les bases de la France moderne pour longtemps.

V. LES TRANSFORMATIONS DE L'EUROPE


Contrôle de lecture.


    Je lis le chapitre 5 : Les transformations de l'Europe, p. 94-109 et je réponds aux questions suivantes :


     1) Les troupes françaises entrent dans Milan de manière (un adjectif) ...................... en 1796.


    2) Quand la France entre en guerre en 1792, elle déclenche une double réaction (2 mots) ................................ et ............................ Mais, elle finit par provoquer l'éveil du (1 mot avec son adjectif)  .......................   ............................ dans les pays qu'elle occupe.


    3) La carte de l'Europe en 1811 montre que des membres de la famille impériale (membres de la famille de Napoléon, lui non compris) gouvernent 4 Etats qui sont : a) .......................... b)....................................... c)............................... d)................................


    4) Quelle est la définition du sentiment national ? ............................................................

.................................................................................................................................


     5) L'année 1811 est (1 mot) l'.................... de l'empire napoléonien.


     6) Quelle est la plus célèbre victoire de Napoléon ? .........................................


     7) Quelle est la grande défaite de Napoléon ? .........................................


    8) Les 4 principaux vainqueurs de la France en 1815 sont :     a)............................ b).........................     c).................................... d)...................................


      9) Ils se réunissent avec la France pour signer le traité de (capitale) ...................... en (année) ..................

 

 

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La monarchie absolue en France - 4e - 2010

13 Novembre 2010 , Rédigé par histege Publié dans #Cours de base

LA MONARCHIE ABSOLUE EN FRANCE

 

 

chap 2 p 24-39

 

I. LOUIS XIV, UN MONARQUE DE DROIT DIVIN

 

     Louis XIV est né en 1638 et règne de 1643 à sa mort en 1715.

 

     Attention repère ! 1661-1715 : gouvernement personnel de Louis XIV.

 

1)     Un roi sacré

 

Louis XIV sacre par Rigaut

     Louis XIV en costume de sacre, tableau de Hyacinthe Rigaud, 1701 (doc 1 p 26)

Remarque : Louis XIV pose ici alors qu’il a 63 ans ; le tableau est fait largement a posteriori.

 

1.     D'après le tableau de Rigaud, quels sont les attributs du roi ? Quelle est leur signification ?

 

Louis XIV sacre par Rigaut

 

ATTRIBUTS DU ROI

SIGNIFICATION

sceptre

pouvoir politique de commandement : royauté issue de dieu (roi lieutenant de dieu sur terre)

épée dite de Charlemagne

pouvoir militaire : en particulier défense de l’Église catholique. Symbole de pouvoir, de vie et de mort

croix de l'ordre de Saint-Louis

décoration militaire réservée aux officiers catholiques

couronne royale

suzeraineté suprême, le plus haut degré de la noblesse (roi = chef des nobles)

main de justice

pouvoir judiciaire : mission de rendre la justice, que (d’après la Bible) doit remplir l'autorité royale, issue de la consécration divine

fleur de lys

symbole solaire

manteau bleu

tenue du grand prêtre dans la Bible hébraïque

 

     Ces attributs (ou regalia), et donc les pouvoirs auxquels ils correspondent, sont remis au roi le jour de son sacre, à Reims en 1654. Ils reprennent de nombreux attributs de Charlemagne. (Ils sont ensuite déposés dans l’abbaye royale de Saint-Denis et sont de nouveau utilisés à l’occasion du sacre du roi suivant).

 Le sacre (depuis le XIe s.) donne aux rois de France un caractère religieux. Il reprend le modèle de Pépin le Bref, sacré en 754 à Saint-Denis.

 

2) Un pouvoir de droit divin

 

Extraits de Bossuet, Politique tirée de l'Ecriture Sainte (manuel composé pour le Dauphin, dont il est le précepteur de 1670 à 1679) :

 

   1) « Considérez le prince dans son [palais]. De là, partent les ordres qui font aller [ensemble] les magistrats et les capitaines, les citoyens et les soldats, les provinces et les armées par mer et par terre. C’est l’image de Dieu qui, assis au plus haut des cieux, fait aller toute la nature. »

 

2)  « Dieu établit les rois comme ses ministres et règne par eux sur les peuples. Les princes agissent donc comme ses lieutenants sur terre [...]. La personne des rois est sacrée [...]. Dieu les fait oindre d'une onction sacrée [...]. Quand le prince a jugé, il n'y a pas d'autre jugement [...]. Il n'y a que Dieu qui puisse juger de leurs jugements [...]. »

 

 

Le "roi est l'image de Dieu", c'est-à-dire qu'il tient son pouvoir directement de dieu et non des hommes, ce qui en fait un pouvoir de droit divin. Comme le pouvoir du roi est d'origine divine, il n’est pas pensable de le critiquer : cela devient sacrilège et un crime de lèse-majesté (la critique est d’ailleurs souvent déplacée sur ses ministres qui sont alors incriminés). Les Français sont des sujets et doivent lui obéir.

 

Surnommé "Roi très chrétien", il est le chef de l'Église de France (Église gallicane). Il se veut indépendant par rapport au pape. Le roi veut établir l'unité religieuse dans son royaume. En 1685 (Édit de Fontainebleau), il révoque l'Édit de Nantes (mis en place par Henri IV) : la religion protestante est interdite et les protestants sont forcés de se convertir au catholicisme. Beaucoup (près de 100 000 personnes) doivent s'exiler, ce qui appauvrit le royaume.

Précision : de 1681 à 1698, les protestants ont l’obligation de loger les troupes (dragons) royales pour les forcer à se convertir au catholicisme, ce qui entraîne des résistances locales, comme à Orange.

  Dragonnades-d-Orange-1685.jpg

Dragonnade à Orange (1685), gravure de Jean Luyken.

source : http://platea.pntic.mec.es/~cvera/aplicacion/telemaque/histoire/dragonnades.jpg

 

3) Un pouvoir absolu avec des limites

 

L’État royal moderne, formé à la fin du Moyen Âge, prend un caractère absolu à partir de Louis XI et de François Ier, se renforce sous Louis XIII (avec le cardinal Richelieu, comme principal ministre) et culmine sous Louis XIV.

 

Le pouvoir est pyramidal et centralisé :

-         le roi n’a de comptes à rendre qu’à dieu et non aux hommes

-         Louis XIV gouverne seul, sans principal ministre, à partir de 1661. Les ministres, secrétaires d’État et conseillers préparent les lois et les décisions : mais, seul le roi décide.

-         les intendants exécutent les lois dans les généralités (régions administratives).

 

    Ainsi, le roi est sacré, avec un pouvoir de droit divin, absolu, personnalisé et centralisé.

 

Mais, son pouvoir n’est pas entièrement absolu. Il doit, par exemple :

-         respecter les lois fondamentales du royaume

-         transmettre l’intégralité du domaine royal à ses successeurs (il est donc simple usufruitier : les rois passent, la royauté demeure)

-         transmettre le pouvoir à son fils aîné (droit de primogéniture)

-         défendre la religion catholique

-         respecter les coutumes des provinces

-         veiller à être juste (éviter l’arbitraire)

-         faire face à des résistances au pouvoir absolu (venant de la population, des nobles et du parlement).

 

II. VERSAILLES, LE MIROIR DE LA MONARCHIE ABSOLUE

 

Louis XIV décide de quitter Paris pour s’installer en 1682 dans le château de Versailles, qu’il vient de faire construire. Le gigantisme architectural confine à la mégalomanie.

 

Le château relève de l’art classique, tant pour l’architecture, la sculpture que la peinture. De nombreux éléments sont empruntés à la Renaissance et à l’art gréco-romain.

L’architecture : les façades répondent à des critères de symétrie, d’ordre, de rigueur, de tranquille équilibre, de clarté :

- rez-de-chaussée : murs en bossage (pierres apparentes) et arcades

- 1er étage : étage noble : grandes fenêtres et avant-corps (balcons) avec des colonnes ioniques

- 2e étage : attique, rythmé par des fenêtres rectangulaires avec une balustrade.

 Les rues de la ville, les allées et les bassins des jardins forment des lignes qui convergent vers le château. Ce sont des jardins à la française, organisés selon des formes géométriques régulières, avec pour but : soumettre la nature à l’ordre humain, à l’esprit géométrique et rationnel. L’usage de l’eau (fontaines et bassins) tient davantage de l’art baroque.

 

Le répertoire est nourri par la mythologie gréco-romaine : héros et dieux grecs et romains (Poséidon, Diane, Hercule…).

 

Le Roy gouverne par lui même

 source : http://www.galeriedesglaces-versailles.fr/html/11/collection/c17.html

 

Le jeune Louis XIV s’associe lui-même au plus prestigieux des dieux grecs : Apollon (dieu de la lumière) et se fait représenter en « Roi-Soleil ». Cependant, la représentation apollinienne ne correspond qu’à la première partie de son règne (1653-1675). D’autres représentations, plus historiques, se succèderont jusqu’à la fin du règne.

 

    Le château est le lieu de démonstration du pouvoir royal absolu :

- la chambre du roi est au cœur du château et du parc. Elle donne côté cour (militaire et urbain) et côté jardin : le roi est au centre du pouvoir, au centre du royaume, au centre du monde.

- le château est le siège du gouvernement (conseils, bureaux…)

- la cour illustre la théâtralisation du pouvoir royal : les nobles doivent vivre à Versailles, sous la surveillance du roi. Ils sont transformés en courtisans qui perdent leur indépendance et sont soumis entièrement au roi (honneurs, pensions, charges, fêtes somptueuses… grâces et disgrâces). La vie de cour est rythmée par la journée du roi. La cour est un moyen de gouverner, en domestiquant la noblesse, vouée au culte du roi, quotidiennement mis en scène. Mais, les nobles se sentent mal logés dans les mansardes du château et certains trouvent trop pesante la théâtralisation du pouvoir royal ; bientôt, ils préfèrent les hôtels particuliers des environs du château.

 

III. UNE SOCIÉTÉ D'ORDRES INÉGALITAIRE

 

La société française est fondée sur les privilèges : droits ou avantages réservés à une catégorie de personnes.

 

    La théorie de la société d'ordres est formulée depuis plusieurs siècles :

 

         « Nous ne pourrions vivre ensemble en égalité de condition ; ainsi il faut par nécessité que les uns commandent et que les autres obéissent.

         Les uns sont dédiés particulièrement au service de Dieu ; les autres à conserver l’État par les armes ; les autres à le nourrir et le maintenir par les exercices de la paix. Ce sont les trois ordres ou États généraux. »

         Charles Loyseau, Traité des ordres et simples dignités, 1613.

 

1.     Quelles sont les deux catégories de personnes définies par l'auteur ?

- ceux qui commandent : bellatores

- ceux qui obéissent : laboratores

 

2.     Quelle est la fonction de chacun des trois ordres ?

- clergé : fonction sacerdotale (religieuse)

- noblesse : fonction guerrière et politique

- Tiers-État : fonction économique : travailler pour nourrir la société, en particulier les deux ordres supérieurs.

 

3.     Sur quel principe est fondée la division des trois ordres selon l'auteur ?

La division en ordres ou États est fondée sur l'inégalité. Pour Charles Loyseau, elle est « naturelle », nécessaire et voulue par dieu. L'inégalité commence dès la naissance.

 

Malet, gravure du XVIIe siècle, Paris, BNF 

Malet, gravure du XVIIe siècle, Paris, BNF - modifiée

 

 

ordre

privilèges

obligations

Fortune

sur 20 millions d'habitants

clergé

- haut clergé

 

- bas clergé

pas d'impôt, pas de services des armes, ne travaillent pas, ont leurs propres tribunaux

"don gratuit" versé à l'État

élevée : revenus des terres et dîme payée par le Tiers-État. Le bas clergé vit moins aisément

130 000 personnes

noblesse

- d'épée

 

 

- de robe

 

 

pas d'impôts et ne travaillent pas

 

pas d'impôt et travaillent pour l'État (propriétaires de leur charge-office)

 

service des armes

élevée :

- revenus des terres et pensions royales

 

- revenus des offices

300 000 personnes

Tiers-État

 

- bourgeois

- petit peuple des villes

- paysans

aucun privilège

 

- la taille (impôt) au roi

- impôts indirects au roi, dont gabelle (impôt sur le sel)

- la dîme (dixième de la récolte) au clergé

- redevances aux nobles

- bourgeois : élevée (commerce)

- petit peuple des villes : aisés ou pauvres

- paysans laboureurs : aisés

- grande masse des paysans : pauvres

98 % (près de 20 M)

dont 85 % de paysans

 

Conclusion :

    La société française est fondée sur l'inégalité de dignité, de droits, de devoirs et de fortune.

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L'Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles - 4e - 2010

2 Novembre 2010 , Rédigé par histege Publié dans #Cours de base

L’EUROPE MODERNE

XVIIe- XVIIIe siècles

 

Histoire

Chap 1 p 8-23

 

Objectif : montrer que l’Europe est divisée et diverse et qu’elle devient un pôle de puissance mondial.

         Quels sont les grands contrastes de l'Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles ?

 

I. L'EUROPE DES ROIS

 

Comment l'Europe moderne s'est-elle constituée ?

Quels sont les types d’États d’Europe ? Quels sont les grands États d’Europe ?

 

         L'Europe est politiquement divisée en de multiples États :

- ce sont des monarchies (ou royautés) et quelques empires (Saint Empire, Empire russe, Empire ottoman). Le pouvoir se transmet généralement de manière héréditaire, au sein d’une même famille, formant de dynasties.

Remarque : dans l’empire ottoman, le souverain prend le titre de calife (voir programme de 5e).

- quelques républiques (gouvernées par une famille princière en général).

Les Habsbourg sont la famille la plus puissante d’Europe (du début du XVIe siècle au milieu du XVIIe siècle) : elle porte le titre d’empereur, dirige l’Espagne, le Saint-Empire (voir carte)… et la plus grande partie des colonies européennes (notamment en Amérique).

Remarque : le Saint-Empire est morcelé politiquement en de nombreux petits États

 

         Quelle est la situation religieuse de l’Europe ?

L'Europe est très divisée en matière religieuse :

- tous les Européens croient en dieu et sont, en général, soumis à l'obligation de suivre la religion de leur prince

- la plupart sont chrétiens, soit orthodoxes (Est : suivent des patriarches), soit catholiques (Sud-Ouest : suivent le pape), soit protestants (Nord-Ouest : suivent différentes Églises, notamment les luthériens, les calvinistes et les anglicans)

- il y a des musulmans au Sud-Est et des minorités juives partout en Europe.

Rappel : aucune de ces religions n’est d’origine « européenne ». La plus anciennement établie est la religion juive, ensuite la religion chrétienne qui a su s’imposer et enfin l’islam.

 

Les États et les religions sont les principaux facteurs de guerre :

 

Les guerres sont très fréquentes et meurtrières, en particulier la guerre de Trente Ans. Au XVIIe siècle, l’état de guerre dure souvent plus longtemps que l’état de paix : en moyenne 58 années pour les principaux États. Ainsi, de 1610 à 1715, la Pologne a été 85 ans en guerre, la Russie 79, l'Espagne 74, les Provinces-Unies (Pays-Bas) et la France 57 ans.

 

- Les guerres religieuses sont également fréquentes jusqu’au milieu du XVIIe siècle, en particulier entre chrétiens, spécialement entre catholiques et protestants. Elles interviennent par intermittence entre chrétiens et musulmans, entre lesquels il y a toujours un état de guerre latent.

- Les guerres étatiques se multiplient. Depuis le milieu du XVe siècle, certains Etats se donnent une organisation plus efficace, appelée État moderne :

-> volonté d’agrandir le territoire et d’avoir plus d’habitants pour collecter plus d’impôts, avoir plus de ressources, recruter plus de soldats…

-> pour cela, il faut une administration plus efficace et une armée permanente.

 

Conséquences :

- les rapports de puissance changent. Les États hégémoniques d'Europe sont successivement l'Espagne (1500-1648), la France (1648-1714), puis l'Angleterre (1714-1914)

- les guerres modifient les frontières. À la fin du XVIIIe siècle, certains États, comme le royaume de France, se sont agrandis. L’Europe est divisée et marquée par l’instabilité politique.

 

Vocabulaire :

confession : manière de pratiquer une même religion

hégémonie : domination d’un Etat

 

II. L’EUROPE DU PLUS GRAND NOMBRE

 

Extrait du Livre de raison de Joseph Bastide et Valérie Origet :

 

prénoms des enfants de J. Bastide et V. Origet

sexe

date de naissance

date du décès

Âge au décès

M

F

François

x

 

26-9-1668

29-1-1669

4 mois

Antoinette

 

x

20-2-1670

29-5-1674

4 ans et 3 mois

André

x

 

26-2-1671

15-8-1704

33 ans et 6 mois

Marie

 

x

31-10-1672

3-12-1676

4 ans et 1 mois

François

x

 

28-12-1673

10-9-1679

5 ans et 9 mois

W

 

x

29-1-1675

 

 

Anne

 

x

18-9-1676

17-6-1678

1 an et 9 mois

X

 

x

28-12-1678

9-3-1685

6 ans et 3 mois

Y

x

 

5-2-1682

14-2-1684

2 ans

Z

x

 

27-6-1683

 

 

 

1)        Combien d’enfants Joseph Bastide et Valérie Origet ont-ils eu ? 10

 

2)        Combien de filles ? 5

 

3)        Combien de garçons ? 5

 

4)        Combien de leurs enfants ont survécu plus de 1 an ? 9

 

5)        Combien ont passé l’âge de 6 ans ? 4

 

6)        Combien sont encore vivants au moment où J. Bastide termine cette page ? 2

 

7)        En combien d’années, Valérie Origet et Joseph Bastide ont-ils eu tous ces enfants ? 15 ans

Remarque : une naissance, en moyenne, tous les un an et demi. L’intervalle intergénésique (entre deux conceptions) est réduit.

 

8)        Un des fils survivants est mort à 35 ans. Combien reste-t-il d’enfants pour continuer la lignée ? (donne leur sexe). Un seul survivant : une fille. La descendance masculine s’éteint.

 

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la natalité est forte, mais la mortalité également, surtout la mortalité des enfants. On fait beaucoup d’enfants dans l’espoir d’avoir des survivants et autant de bras pour travailler. Peu parviennent à l’âge adulte. Résultat : la population européenne augmente peu.

 

1)         La nature du document est celle d’un graphique, précisément d’un diagramme à trois courbes.

2)         Le nombre des décès augmente brutalement de juin 1692 à juin 1694 : on passe d’une vingtaine de morts par mois à un maximum (pic de mortalité) de 120. Ensuite, le nombre diminue.

3)         Le nombre des naissances diminue fortement entre le début de 1692 et la fin de 1694 : 1/3 de naissances en moins.

4)         Le prix du blé augmente fortement et régulièrement entre les mêmes dates : il est multiplié par 4.5. Ensuite, il baisse.

5)         L’augmentation du prix du blé entraîne l’augmentation du nombre de décès et la baisse du nombre des naissances. Le blé devenu rare et cher provoque la famine.

Rappel :

- famine : manque général de vivres.

- disette : manque temporaire et partiel de vivres.

6)         L’augmentation du prix du blé peut être provoquée :

-         par de mauvaises récoltes, liées aux mauvaises conditions climatiques (sécheresse, froid, gel, inondations…). C’est l’exemple de Rouen.

-         destructions de récoltes par les  guerres

7) Colorier la zone où les décès sont supérieurs aux naissances.

8) À partir du milieu de l’année 1694, il y a une phase de récupération (assez limitée) et de « retour à la normale » (enfin presque !).

 

9) Les années 1692-1694 correspondent à une crise démographique : hausse brutale de la mortalité suivie d’une diminution du nombre des mariages (nuptialité) et des naissances.

 

Tendances d’ensemble :

- De 1600 à 1740, la population européenne n’augmente guère en raison des crises démographiques.

- À partir de 1740, des changements apparaissent : dans l’Europe du Nord-Ouest (notamment en Flandre), on supprime la jachère (repos de la terre) pour cultiver des plantes fourragères (luzerne…), ce qui permet de développer l’élevage, d’avoir plus de lait, de viande et de fumier. L’intensification et l’extension (défrichement) des cultures permettent de nourrir plus d’hommes et de rendre plus rares les crises démographiques. La population de l’Europe croît d’1/3 entre 1700 et 1800, passant de 120 à 180 millions.

 

Remarque : l’Europe est la première région du monde à commencer sa « transition démographique ».

 

III. L’EUROPE DES MARCHANDS

 

Doc 1 p 16 :

         Qu’est-ce qui fait la richesse d’Amsterdam et des Provinces-Unies ?

La bourse d’Amsterdam est la plus grande place financière d’Europe :

- les marchands empruntent de l’argent à des banquiers ou financiers qu’ils remboursent plus tard avec intérêt : c’est le crédit.

- usage du billet de banque (papier monnaie).

La finance et le commerce font la richesse des Provinces-Unies : les riches bourgeois deviennent de plus en plus puissants. C’est la naissance du capitalisme (marchand et financier) moderne. La bourgeoisie industrielle, marchande et financière poursuit son ascension triomphale, notamment dans l’Europe protestante.

 

Carte 3 p 17

    Quel est le cœur économique de l’Europe ?

Le cœur économique de l’Europe est l’Europe du Nord-Ouest (Provinces-Unies, Flandre, bassins de Paris et de Londres) : cœur industriel (textile, métallurgie), commercial, financier. Ce n’est plus l’Italie du Nord et la Méditerranée qui dominent. (L’Atlantique s’esquisse comme le centre du commerce mondial.)

Remarques : le cœur du commerce mondial se localise dans des métropoles boursières successives :

- XVIe siècle : domination de la bourse d’Anvers

- XVIIe : bourse/banque d’Amsterdam

- XVIIIe-1918 : banque d’Angleterre et bourse de Londres

- depuis 1919 : bourse de Wall Street à New York.

 

Carte du commerce hollandais au XVIIe siècle :

Source: http://www.odu.edu/~mcarhart/hist102/images.htm

 

         Comment s’effectue le grand commerce international ?

 

Le grand commerce international est une autre source d’enrichissement :

- les compagnies de commerce (hollandaises, anglaises, françaises, espagnoles et portugaises)

- le commerce triangulaire, fondé sur le commerce des esclaves (ou traite des noirs), pratiqué par les pays atlantiques (Portugais, Espagnols, Français, Anglais…), entre l’Europe, l’Afrique (achat et capture d’esclaves) et l’Amérique.

         Les bateaux quittent les ports de l’Atlantique, chargés de pacotille (marchandises de peu de valeur), qui est échangée en Afrique, dans le golfe de Guinée contre des esclaves, achetés à des populations noires qui pratiquent l’esclavage. Deuxième solution : des mercenaires débarquent des bateaux et capturent des noirs (razzias) qu’ils réduisent en esclavage. Les esclaves, entassés par centaines dans des bateaux négriers, sont déportés en Amérique, où ils sont vendus et soumis à des travaux forcés perpétuels. Les bateaux reviennent en Europe chargés de produits tropicaux (sucre, tabac…). Ainsi, un bateau réalise trois profits successifs dans un circuit triangulaire.

         Ce commerce enrichit les bourgeoisies marchandes et les villes portuaires. Ainsi, est-ce le cas pour le royaume de France de Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Saint-Malo….

Remarque : c’est dans cette période que l’Europe accède à la suprématie économique mondiale, surpassant l’Asie (Inde et Chine notamment).

 

IV. L’ART BAROQUE ET L’ART CLASSIQUE

 

     Pour cette dernière partie du cours, voir L'Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles (suite) - 4e - 2010

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Qu'est-ce que le développement durable ? 5e - 2010

13 Octobre 2010 , Rédigé par histege Publié dans #Cours de base

QU’EST-CE QUE LE DEVELOPPEMENT DURABLE ?

 

géographie

chap 10 p 186-199

 

I. LE RECYCLAGE DES DÉCHETS A NEW DELHI

– Étude de cas

 

p. 192-193

 

Une petite introduction, avec un reportage de France 2 en 2007. Il n'est pas exactement centré sur le sujet, mais permet d'en poser le cadre.

 

 


Des déchets de New Delhi à la haute couture.
envoyé par Ptite_Mule. - L'info internationale vidéo.

 

1) Le recyclage des déchets

 

 

 

Document 1

1) Qu’est-ce que Conserve India ? Conserve India est une association, en particulier une ONG (organisation non gouvernementale).

 

2) Qui sont les créateurs de Conserve ? Ses créateurs sont Anita et Shalabh Ahuja.

 

3) En quelle année ? Elle a été créée en 1998.

 

4) À quel endroit (lieu et État) ? Dans la capitale de l'Union indienne, New Delhi (mégapole : ville géante), en particulier dans un bidonville.

  New Delhi - Union indienne - situation à l'échelle mondia

 

5) Pour quelle raison a-t-elle été créée ? Pour recycler des déchets en plastique.

 

Documents 1 et 2

6) Quelle est la quantité de déchets produits par la ville chaque année ? Quels problèmes posent-ils ? La ville rejette chaque jour 8000 tonnes de déchets (dont 10 à 15 % de plastiques), ce qui pose de graves problèmes : de collecte, de stockage (décharges anarchiques), de pollution (air, sol, eau), de santé publique (produits toxiques, air malsain, propagation des maladies) et d’élimination (coût élevé).

 

7) Quelle est la quantité recyclée par Conserve chaque année ? 12 tonnes de plastiques sont recyclées chaque année.

 

2) La création d’une activité économique

 

Documents 3, 4, 5 et 6

8) Quelles sont les étapes du recyclage ? Les étapes du recyclage sont le ramassage (doc 3), le tri (doc 4), le lavage (doc 4), la compression, la fabrication de feuilles plastiques (doc 4), leur transformation finale en objets (doc 5).

 

Documents 1, 2 et 6

9) Que deviennent les marchandises produites par Conserve ? Pourquoi ? Les produits sont commercialisés (vendus), notamment exportés vers les pays d’Occident (Europe, Amérique du Nord…), notamment dans les grandes métropoles (Londres, Amsterdam, Milan…). Les habitants se détournent de ces produits qu’ils jugent « sales ». Par contre, les clients occidentaux les achètent : ils sont motivés principalement par l’écologie et la volonté de faire du commerce équitable (plus le côté « branché »…).

10) Quel est le montant des ventes réalisées en 2006 ? Le montant des ventes s’est élevé à 100 000 euros en 2006.

 

3) La lutte contre la pauvreté

 

Documents 1et 2

10) Qui bénéficie du travail et des revenus de Conserve ? Ceux qui bénéficient du travail et des revenus gagnés par Conserve sont les habitants très pauvres des bidonvilles. (300 emplois)

 

Document 1

11)  Comment sont utilisés les bénéfices obtenus par Conserve ? Les bénéfices servent à créer une école dans un bidonville et à accorder une petite assurance (ou micro-assurance, notamment maladie et vieillesse) à la plupart des employés.

 

Bilan

12) Je rédige un paragraphe d’une dizaine de lignes qui montre que l’exemple de Conserve India est favorable à l’environnement, produit des richesses et améliore les conditions de vie des plus pauvres.

 

Travail d’élève 1 

 

         Entre parenthèses : quelques corrections par le professeur.

« C’est en 1998 que Anita et Shalabh Ahuja ont créé l’association « Conserve India » dans la capitale de l’Union indienne : New Delhi. Conserve India a été inventé(e) pour recycler les déchets de plastique de la ville car la ville (elle) rejette chaque jour 8 000 tonnes de déchets et donc cela pose des problèmes : stockage, santé et pollution. Conserve India aide la ville car elle recycle 12 tonnes de plastique chaque année.

Le recyclage permet (consiste dans) le ramassage, le tri, le lavage, la compression, la fabrication de feuilles plastiques et à la fin leur transformation en objets. Leur(s) marchandises sont commercialisées vers (dans) les pays d’Occident et dans les grandes métropoles. Ensuite, les habitants très pauvres des bidonvilles bénéficient du travail et des revenus.

Avec cela, les habitants très pauvres construisent une école et accorde (bénéficient d’) une petite assurance. »

 

Travail d’élève 2

 

« Conserve India a été créée en 1998, par Anita et Shalabh Ahuja dans le but de recycler les déchets plastiques (8000 tonnes de déchets rejeter(és) quotidiennement, 10 à 15 % de plastiques) à New Delhi et d’en faire des objets qui seront ensuite commercialisés dans de grandes villes comme Londres, Amsterdam ou encore Milan. Les habitants de New Delhi et de l’état asiatique (Union indienne) n’achètent pas ces objets car ils incinuent (insinuent) qu’ils sont salent (sales) et dangereux parce qu’ils savent d’où cela (ils) vient (viennent). Le jet des (Les) déchets quotidiens provoquent un danger pour l’environnement mais aussi pour nous les hommes car cela peut causer des maladie(s), le stokage (stockage), l’air empeste (des) produits chimiques… Malgrés (pas de s) tout la vente de ces objets permet à Conserve de construire une école dans un bidonville, de donner aux habitants très pauvres des bidonville(s) un emploi (300 emplois) et d’accorder une micro-assurance. En conclusion Conserve India ne fait pas tout cela seulement pour ces (ses) propres besoins mais pour ceux de la terre et de tout(s) les cytoyens (citoyens) en particulier les pauvres. »

Elina K.

 

 

Travail d’élève 3

 

 

« A New Delhi deux personnes (Anita et Shalabh Ahuja) on(t) invente(é) Conserve India une association en 1998. Elle a était (été) crée(créée) pour recycler des déchets en plastique. Elle recycle 12 tonnes de plastiques chaque année. Mais la ville rejette 8 tonnes chaque jour (dont 10 à 15 % de plastiques). Ce qui posent (pose) de graves problèmes de stocage (stockage), santé publique (hygiène, air empesté, produit(s) toxiques), pollution (air, sol, eau).

Pour recycler il faut ramasser, trier, lavé(er), compressé(er), fabrication(fabriquer) de feuilles plastiques et leur transformation (les transformer) finale en objet(s).

Les produits aussi (ensuite) sont commercialisé(s), notamment exportée(és) vers les pays d’Occident (Europe, Amérique du Nord…), notamment dans les grandes métropoles (Londres, Amsterdam, Milan). Les clients sont motivés principalement par l’écologie et la volonté de faire du commerce équitable.

Le montant des ventes réalisées en 2006 est de 100 000 euros. Ceux(ce) qui fait(est) bien pour un pays pauvre. Les personnes qui bénéficie(nt) du travail sont les habitants très pauvres des bidonville(s) (300 emplois). »

 

Deux présentations de Conserve India en anglais, utiles à visionner, même si l'on ne connaît pas la langue

 

 

 

 

 publiée le 18 août 2008 

 

 

  publiée le le 6 août 2007 : la plus instructive

 

La portée humaine

       L’action de Conserve India a un impact limité à l’échelle humaine mondiale. Mais, elle a valeur d’exemple : c’est par l’action de tous que les changements prennent de l’ampleur.

 

II. LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

 

11) À partir de l’exemple de Conserve India, je complète le tableau ci-dessous :

 

TRANSFORMATIONS

économiques

sociales

environnementales

création d’une entreprise à base associative :

-         création de richesses (artisanat ou industrie)

-          création d’emplois (et de revenus)

-         réduction du chômage

-         réduction de la pauvreté

-         développement de la solidarité (travail, assurance maladie, assurance vieillesse) et du commerce éthique

protection de l’environnement par le recyclage d’une partie des déchets plastiques : réduction de la pollution

enjeu 3

permettre un développement soutenable dans la longue durée

enjeu 1

 

 

réduire les inégalités sociales

enjeu 2

 

 

bien gérer les ressources naturelles

 

Schéma de synthèse

  Schéma du développement durable

 

Notions

 

- économie : ensemble des activités liées à la production, à la distribution et à la consommation des richesses dans un groupe humain.

 

- société : groupe humain, de taille variable, qui est uni par des liens plus ou moins organisés et durables

 

développement durable : développement qui doit permettre à tous les hommes d’aujourd’hui d’accéder à un bien-être harmonieux sans compromettre le droit à la vie des générations futures et des autres espèces naturelles

Remarque : par rapport à la définition courante, qui est humano-centrée (ou anthropocentrée) nous avons ajouté la prise en compte, qui nous semble fondamentale, des "autres espèces naturelles" au sens large.

 

Culture +

 

       Le terme de développement durable a été pour la première fois employé en anglais (sustainable development) en 1987, dans un rapport de l’Organisation des Nations Unies :

« Le développement durable doit répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs et correspond aux devoirs des générations actuelles de transmettre un monde vivable, viable et reproductible. »

G. H. Brundtland, président de la commission mondiale de l’ONU pour l’environnement et le développement, Notre avenir à tous.

 

Vocabulaire

 

- enjeu : ce qui fait l’objet d’une demande, d’un espoir, d’une convoitise, d’une compétition, d’un conflit entre des intérêts humains différents. Ou encore : ce qui est mis en jeu ; objet du désir courtisé par des intérêts multiples

 

- environnement : milieu où se déroule l’existence des hommes. Il est composé d’éléments naturels (milieu naturel) et d’éléments transformés par l’homme (milieu anthropique = humain)

 

- social : qui concerne la vie des hommes

 

Esprit critique es-tu là ?

La notion de développement durable naît dans les pays riches d’Occident, au moment où la rareté relative des ressources naturelles, rendue plus aiguë par la consommation accrue des pays émergents, rencontre une aspiration écologique qui l’a précédée de quelques décennies.

Qu’est-ce qui doit primer ? L’accès équitable de tous les hommes au bien-être ? L’aspiration écologique ? Est-il possible de mener conjointement les deux ?

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