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Travail sur Goya - correction et remarques - 4e

10 Mai 2009 , Rédigé par histege Publié dans #Exercices

Travail sur Goya et le sentiment national espagnol -

Proposition de correction

1) Goya condamne l’occupation française et en dénonce les atrocités. Il utilise, pour cela, l’arme de la peinture, notamment Dos de Mayo et Tres de Mayo, et de la gravure (Les Désastres de la guerre).

 

2) Les soldats égyptiens sont des mamlouks, reconnaissables à leur turban, à leur juste-au-corps et à leur seroual (pantalon bouffant). Rq : les mamlouks sont à l’origine des esclaves ; c’est une dynastie mamlouke qui dirige l’Égypte jusqu’à son renversement par Bonaparte. Ayant eu à apprécier la qualité de cette cavalerie, une partie sera intégrée dans l’armée française. La fascination pour l’Orient se développe à l’époque.

 

3) Goya traduit la violence de la scène en peignant le mouvement des corps (des soldats, des émeutiers et des chevaux), en saisissant le moment où les uns et les autres, le regard exorbité, portent violemment leurs coups, en jonchant  le sol de cadavres piétinés, en peignant les dagues ensanglantées et le sang qui gicle. La couleur rouge-sang du seroual est le foyer du tableau.

 

4) La scène prend place pendant la nuit ; elle est éclairée par une lanterne.

 

5) Goya suggère que l’homme, en passe d’être fusillé, est brave et innocent par ses bras levés (volonté de reddition, demande de grâce, position christique en forme de crucifié), la blancheur de sa chemise (symbole d’innocence) et son caractère lumineux (couleur jaune du pantalon). C’est un patriote : toute la lumière se concentre sur lui ou prend naissance en lui.

 

6) Après avoir été séduit par les idées révolutionnaires apportées par la France, Goya se convertit au patriotisme fervent : il se montre ici un peintre engagé. Il dénonce la barbarie (que connote le recours à des mamlouks musulmans), la machinerie froide du peloton d’exécution (soldats alignés, sans visage, tirant à bout portant). Il exalte le soulèvement des Madrilènes, un soulèvement populaire (ce sont des civils) et le martyre des victimes de la répression française. Témoin de la naissance du sentiment national espagnol, forgé dans la résistance à l'occupation française, Goya y contribue fortement par ses tableaux et ses gravures.


Paragraphe... à suivre.

Vous pouvez voir le Tres de Mayo au Musée du Prado, en image agrandie, de même que lire la présentation ou encore en écouter le commentaire par audioguide :

 

http://www.museodelprado.es/fr/frances/las-15-obras-maestras/ficha-obra/obra/le-3-mai-1808-a-madrid-les-fusillades-sur-la-montagne-du-principe-pio/
http://www.museodelprado.es/fr/frances/las-15-obras-maestras/ficha-obra/obra/le-3-mai-1808-a-madrid-les-fusillades-sur-la-montagne-du-principe-pio/

Profitez-en pour écouter la présentation de 14 autres chefs d'œuvre du musée.

 



Remarques de correction

 

I/ d’ordre général

 

         - les titres d’œuvres (ouvrages, tableaux, films…) se soulignent en histoire. Avec un traitement de texte, ils s’écrivent en italique. Ex : Dos de Mayo.

 

- les œuvres à étudier, ici Dos de Mayo et Tres de Mayo, doivent être citées dans les questions et le paragraphe, en n’oubliant pas d’indiquer leur traduction en français.

 

         - on ne commence pas une réponse par « Il, elle, ils… car, parce que » etc. Il faut rappeler clairement le sujet (pour lever toute imprécision et toute ambiguïté). On écrit pour être compris par d’autres. Principe : tout lecteur doit parfaitement comprendre le sens sans avoir à connaître la question. Le plus simple est de reprendre le sujet de la question.

                   Ex : Question : « Comment Goya réagit-il à l’occupation française ? » Réponse : Goya réagit à l’occupation française (par/en/de manière…) »

 

-         une réponse qui est une simple assertion (affirmation) n’a guère de valeur : elle doit être expliquée et justifiée, en la faisant suivre par : « parce que », « car », « en effet », « comme le montre »… Ne donnez pas le sentiment d'être pressés… par gêne, ennui ou désir de faire quelque chose de plus "intéressant" ou plus "urgent". 

 

-         les questions doivent être impérativement traitées avant le paragraphe argumenté. Il y a des étapes logiques qui mènent à la construction du paragraphe.

 

-         la conclusion doit répondre exactement à l’introduction (on pourrait en théorie supprimer le développement et parfaitement comprendre les explications).

 

-         en principe : toute phrase rédigée doit se relier clairement au sujet général. Dans le cas contraire, c’est qu’elle est maladroite ou inutile.

 

-         la plupart des informations majeures doivent être tirées des documents. Elles ne doivent pas venir de l’extérieur et être plaquées dans la rédaction comme un cheveu sur la soupe.

 

II/ sur Goya

 

-         les deux tableaux ne font pas partie de l’ensemble Les désastres de la guerre ; le support n’est d’ailleurs pas le même : les deux premiers sont des toiles et Les désastres forment une série de gravures.

 

-         il faut éviter les appréciations simplistes : les soldats français sont « méchants », « sans pitié »… Ce sont précisément des soldats : ils utilisent la violence, dans un cadre plus ou moins défini, avec des limites ou non. Ils reçoivent des ordres, accordent plus ou moins de valeur à l’adversaire, réagissent etc. Il vaut donc mieux qualifier la forme et le degré de violence.

 

-         attention aux stéréotypes « racistes » ou plus généralement discriminatoires (méprisants) : tous les Égyptiens (ou « arabo-musulmans ») ne sont pas « mats » de peau, « noirs », « pauvres ». D’ailleurs, tous les mats de peau ne sont pas forcément Égyptiens… La maladresse se contourne facilement, si on prend de la distance, en écrivant, par exemple : Goya, comme les Espagnols de son époque, représente les Égyptiens de manière stéréotypée : « teint mat », « regards noirs »…

Être habillé ou équipé différemment n’entraîne pas automatiquement un classement ou un jugement de valeur : « beau/pas beau », « meilleur/moins bien », « riche/pauvre », « supérieur/inférieur »… Les mamlouks sont de véritables soldats : leurs adversaires en savaient quelque chose. Napoléon ne les aurait pas intégrés dans son armée uniquement pour le folklore.

 

-         il fallait définir soigneusement la notion de sentiment national, la rattacher aux événements de 1808 et à la vision que Goya a choisie de mettre en valeur.

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