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La monarchie absolue en France - 4e - 2010

13 Novembre 2010 , Rédigé par histege Publié dans #Cours de base

LA MONARCHIE ABSOLUE EN FRANCE

 

 

chap 2 p 24-39

 

I. LOUIS XIV, UN MONARQUE DE DROIT DIVIN

 

     Louis XIV est né en 1638 et règne de 1643 à sa mort en 1715.

 

     Attention repère ! 1661-1715 : gouvernement personnel de Louis XIV.

 

1)     Un roi sacré

 

Louis XIV sacre par Rigaut

     Louis XIV en costume de sacre, tableau de Hyacinthe Rigaud, 1701 (doc 1 p 26)

Remarque : Louis XIV pose ici alors qu’il a 63 ans ; le tableau est fait largement a posteriori.

 

1.     D'après le tableau de Rigaud, quels sont les attributs du roi ? Quelle est leur signification ?

 

Louis XIV sacre par Rigaut

 

ATTRIBUTS DU ROI

SIGNIFICATION

sceptre

pouvoir politique de commandement : royauté issue de dieu (roi lieutenant de dieu sur terre)

épée dite de Charlemagne

pouvoir militaire : en particulier défense de l’Église catholique. Symbole de pouvoir, de vie et de mort

croix de l'ordre de Saint-Louis

décoration militaire réservée aux officiers catholiques

couronne royale

suzeraineté suprême, le plus haut degré de la noblesse (roi = chef des nobles)

main de justice

pouvoir judiciaire : mission de rendre la justice, que (d’après la Bible) doit remplir l'autorité royale, issue de la consécration divine

fleur de lys

symbole solaire

manteau bleu

tenue du grand prêtre dans la Bible hébraïque

 

     Ces attributs (ou regalia), et donc les pouvoirs auxquels ils correspondent, sont remis au roi le jour de son sacre, à Reims en 1654. Ils reprennent de nombreux attributs de Charlemagne. (Ils sont ensuite déposés dans l’abbaye royale de Saint-Denis et sont de nouveau utilisés à l’occasion du sacre du roi suivant).

 Le sacre (depuis le XIe s.) donne aux rois de France un caractère religieux. Il reprend le modèle de Pépin le Bref, sacré en 754 à Saint-Denis.

 

2) Un pouvoir de droit divin

 

Extraits de Bossuet, Politique tirée de l'Ecriture Sainte (manuel composé pour le Dauphin, dont il est le précepteur de 1670 à 1679) :

 

   1) « Considérez le prince dans son [palais]. De là, partent les ordres qui font aller [ensemble] les magistrats et les capitaines, les citoyens et les soldats, les provinces et les armées par mer et par terre. C’est l’image de Dieu qui, assis au plus haut des cieux, fait aller toute la nature. »

 

2)  « Dieu établit les rois comme ses ministres et règne par eux sur les peuples. Les princes agissent donc comme ses lieutenants sur terre [...]. La personne des rois est sacrée [...]. Dieu les fait oindre d'une onction sacrée [...]. Quand le prince a jugé, il n'y a pas d'autre jugement [...]. Il n'y a que Dieu qui puisse juger de leurs jugements [...]. »

 

 

Le "roi est l'image de Dieu", c'est-à-dire qu'il tient son pouvoir directement de dieu et non des hommes, ce qui en fait un pouvoir de droit divin. Comme le pouvoir du roi est d'origine divine, il n’est pas pensable de le critiquer : cela devient sacrilège et un crime de lèse-majesté (la critique est d’ailleurs souvent déplacée sur ses ministres qui sont alors incriminés). Les Français sont des sujets et doivent lui obéir.

 

Surnommé "Roi très chrétien", il est le chef de l'Église de France (Église gallicane). Il se veut indépendant par rapport au pape. Le roi veut établir l'unité religieuse dans son royaume. En 1685 (Édit de Fontainebleau), il révoque l'Édit de Nantes (mis en place par Henri IV) : la religion protestante est interdite et les protestants sont forcés de se convertir au catholicisme. Beaucoup (près de 100 000 personnes) doivent s'exiler, ce qui appauvrit le royaume.

Précision : de 1681 à 1698, les protestants ont l’obligation de loger les troupes (dragons) royales pour les forcer à se convertir au catholicisme, ce qui entraîne des résistances locales, comme à Orange.

  Dragonnades-d-Orange-1685.jpg

Dragonnade à Orange (1685), gravure de Jean Luyken.

source : http://platea.pntic.mec.es/~cvera/aplicacion/telemaque/histoire/dragonnades.jpg

 

3) Un pouvoir absolu avec des limites

 

L’État royal moderne, formé à la fin du Moyen Âge, prend un caractère absolu à partir de Louis XI et de François Ier, se renforce sous Louis XIII (avec le cardinal Richelieu, comme principal ministre) et culmine sous Louis XIV.

 

Le pouvoir est pyramidal et centralisé :

-         le roi n’a de comptes à rendre qu’à dieu et non aux hommes

-         Louis XIV gouverne seul, sans principal ministre, à partir de 1661. Les ministres, secrétaires d’État et conseillers préparent les lois et les décisions : mais, seul le roi décide.

-         les intendants exécutent les lois dans les généralités (régions administratives).

 

    Ainsi, le roi est sacré, avec un pouvoir de droit divin, absolu, personnalisé et centralisé.

 

Mais, son pouvoir n’est pas entièrement absolu. Il doit, par exemple :

-         respecter les lois fondamentales du royaume

-         transmettre l’intégralité du domaine royal à ses successeurs (il est donc simple usufruitier : les rois passent, la royauté demeure)

-         transmettre le pouvoir à son fils aîné (droit de primogéniture)

-         défendre la religion catholique

-         respecter les coutumes des provinces

-         veiller à être juste (éviter l’arbitraire)

-         faire face à des résistances au pouvoir absolu (venant de la population, des nobles et du parlement).

 

II. VERSAILLES, LE MIROIR DE LA MONARCHIE ABSOLUE

 

Louis XIV décide de quitter Paris pour s’installer en 1682 dans le château de Versailles, qu’il vient de faire construire. Le gigantisme architectural confine à la mégalomanie.

 

Le château relève de l’art classique, tant pour l’architecture, la sculpture que la peinture. De nombreux éléments sont empruntés à la Renaissance et à l’art gréco-romain.

L’architecture : les façades répondent à des critères de symétrie, d’ordre, de rigueur, de tranquille équilibre, de clarté :

- rez-de-chaussée : murs en bossage (pierres apparentes) et arcades

- 1er étage : étage noble : grandes fenêtres et avant-corps (balcons) avec des colonnes ioniques

- 2e étage : attique, rythmé par des fenêtres rectangulaires avec une balustrade.

 Les rues de la ville, les allées et les bassins des jardins forment des lignes qui convergent vers le château. Ce sont des jardins à la française, organisés selon des formes géométriques régulières, avec pour but : soumettre la nature à l’ordre humain, à l’esprit géométrique et rationnel. L’usage de l’eau (fontaines et bassins) tient davantage de l’art baroque.

 

Le répertoire est nourri par la mythologie gréco-romaine : héros et dieux grecs et romains (Poséidon, Diane, Hercule…).

 

Le Roy gouverne par lui même

 source : http://www.galeriedesglaces-versailles.fr/html/11/collection/c17.html

 

Le jeune Louis XIV s’associe lui-même au plus prestigieux des dieux grecs : Apollon (dieu de la lumière) et se fait représenter en « Roi-Soleil ». Cependant, la représentation apollinienne ne correspond qu’à la première partie de son règne (1653-1675). D’autres représentations, plus historiques, se succèderont jusqu’à la fin du règne.

 

    Le château est le lieu de démonstration du pouvoir royal absolu :

- la chambre du roi est au cœur du château et du parc. Elle donne côté cour (militaire et urbain) et côté jardin : le roi est au centre du pouvoir, au centre du royaume, au centre du monde.

- le château est le siège du gouvernement (conseils, bureaux…)

- la cour illustre la théâtralisation du pouvoir royal : les nobles doivent vivre à Versailles, sous la surveillance du roi. Ils sont transformés en courtisans qui perdent leur indépendance et sont soumis entièrement au roi (honneurs, pensions, charges, fêtes somptueuses… grâces et disgrâces). La vie de cour est rythmée par la journée du roi. La cour est un moyen de gouverner, en domestiquant la noblesse, vouée au culte du roi, quotidiennement mis en scène. Mais, les nobles se sentent mal logés dans les mansardes du château et certains trouvent trop pesante la théâtralisation du pouvoir royal ; bientôt, ils préfèrent les hôtels particuliers des environs du château.

 

III. UNE SOCIÉTÉ D'ORDRES INÉGALITAIRE

 

La société française est fondée sur les privilèges : droits ou avantages réservés à une catégorie de personnes.

 

    La théorie de la société d'ordres est formulée depuis plusieurs siècles :

 

         « Nous ne pourrions vivre ensemble en égalité de condition ; ainsi il faut par nécessité que les uns commandent et que les autres obéissent.

         Les uns sont dédiés particulièrement au service de Dieu ; les autres à conserver l’État par les armes ; les autres à le nourrir et le maintenir par les exercices de la paix. Ce sont les trois ordres ou États généraux. »

         Charles Loyseau, Traité des ordres et simples dignités, 1613.

 

1.     Quelles sont les deux catégories de personnes définies par l'auteur ?

- ceux qui commandent : bellatores

- ceux qui obéissent : laboratores

 

2.     Quelle est la fonction de chacun des trois ordres ?

- clergé : fonction sacerdotale (religieuse)

- noblesse : fonction guerrière et politique

- Tiers-État : fonction économique : travailler pour nourrir la société, en particulier les deux ordres supérieurs.

 

3.     Sur quel principe est fondée la division des trois ordres selon l'auteur ?

La division en ordres ou États est fondée sur l'inégalité. Pour Charles Loyseau, elle est « naturelle », nécessaire et voulue par dieu. L'inégalité commence dès la naissance.

 

Malet, gravure du XVIIe siècle, Paris, BNF 

Malet, gravure du XVIIe siècle, Paris, BNF - modifiée

 

 

ordre

privilèges

obligations

Fortune

sur 20 millions d'habitants

clergé

- haut clergé

 

- bas clergé

pas d'impôt, pas de services des armes, ne travaillent pas, ont leurs propres tribunaux

"don gratuit" versé à l'État

élevée : revenus des terres et dîme payée par le Tiers-État. Le bas clergé vit moins aisément

130 000 personnes

noblesse

- d'épée

 

 

- de robe

 

 

pas d'impôts et ne travaillent pas

 

pas d'impôt et travaillent pour l'État (propriétaires de leur charge-office)

 

service des armes

élevée :

- revenus des terres et pensions royales

 

- revenus des offices

300 000 personnes

Tiers-État

 

- bourgeois

- petit peuple des villes

- paysans

aucun privilège

 

- la taille (impôt) au roi

- impôts indirects au roi, dont gabelle (impôt sur le sel)

- la dîme (dixième de la récolte) au clergé

- redevances aux nobles

- bourgeois : élevée (commerce)

- petit peuple des villes : aisés ou pauvres

- paysans laboureurs : aisés

- grande masse des paysans : pauvres

98 % (près de 20 M)

dont 85 % de paysans

 

Conclusion :

    La société française est fondée sur l'inégalité de dignité, de droits, de devoirs et de fortune.

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