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L'Allemagne et la France face à la crise des années 1930 - 3e - 2010

15 Décembre 2009, 13:19pm

Publié par histege

L’ALLEMAGNE ET LA FRANCE FACE A LA CRISE DES ANNEES TRENTE

 

Objectifs :

         - étudier comment la crise des années trente se répercute en France et en Allemagne

         - une démocratie qui surmonte la crise, la France

         - une démocratie qui s’effondre à cause de la crise et qui voit s’installer un régime totalitaire, l’Allemagne

 

 

I. LA CRISE EN FRANCE ET EN ALLEMAGNE

 

1. La crise se déclare aux Etats-Unis, 1929

 

         Aux Etats-Unis, une crise boursière éclate le jeudi 24 octobre 1929 : le krach boursier à Wall Street entraîne une crise bancaire, industrielle et sociale très grave.

 

2. La France dans la crise

 

         La crise de 1929 touche plus tardivement la France en 1931 : crise économique (chute de la production industrielle et agricole, chute des prix) et sociale (augmentation du nombre de chômeurs). Mais, elle est moins grave qu’en Allemagne.

         La crise est aussi politique : les gouvernements sont instables (un gouvernement ne reste en moyenne que 4 mois entre juillet 1929 et juin 1936). Les scandales politiques et financiers (ex : affaire Stavisky), mécontentent les Français. Les ligues d’extrême-droite (Action française, Jeunesses patriotes, Croix de Feu...) gagnent du terrain et remettent en cause la République et la démocratie et haïssent les communistes, les juifs et les étrangers. Le 6 février 1934, les ligues manifestent à Paris devant la Chambre des députés. C’est l’émeute avec de nombreux morts et blessés parmi les manifestants mais aussi les policiers.

         La gauche voit dans le 6 février une tentative de coup d’Etat fasciste. Les socialistes et les communistes manifestent le 12 février. Divisés depuis 1920, ils signent entre eux un accord de Front populaire en juillet 1934, et sont rejoints en 1935 par les radicaux. Le programme de cette alliance est “le pain, la paix, la liberté.”

 

3.  En Allemagne, la crise profite à Hitler

 

         L’Allemagne connaît pour la première fois de son histoire la démocratie : la République de Weimar à partir de 1919.

         Humiliés par le traité de Versailles, les Allemands l'appellent le Diktat. Elle connaît une grave crise économique (1918-1923), mais aussi l’occupation de la Ruhr par les Français en 1923. Certains Allemands accusent la République d’être responsables de leurs malheurs.

         Hitler prend la direction d’un petit parti d’extrême-droite en 1920, le NSDAP (parti national socialiste), organise des troupes paramilitaires, les SA (sections d’assaut, “chemises brunes”). Son coup d’Etat à Munich en 1923 échoue et il passe 9 mois en prison pendant lesquels il rédige Mein Kampf (“Mon combat”), où se trouve défini le programme nazi. Mais, il change de tactique et cherche à arriver au pouvoir en utilisant les faiblesses de la démocratie (élections).

         La crise économique américaine se répercute aussitôt, dès 1929, en Allemagne (les Américains retirent leurs capitaux en Allemagne). 6 millions de chômeurs en 1932. Le parti nazi profite du mécontentement pour gagner du terrain. Ainsi, aux élections de 1932, il devient le premier parti au Reichstag (assemblée). Après avoir refusé une première fois le poste de chancelier, Hitler est nommé chancelier par le président Hindenburg le 30 janvier 1933 : il arrive donc légalement au pouvoir.

 

II.  LA SOLUTION FRANCAISE : LE FRONT POPULAIRE

 

         Comment le Front populaire réagit-il face à la crise des années 30 ?

 

1. Le Front populaire arrive au pouvoir en 1936

 

         Le Front populaire remporte les élections de 1936. Les socialistes (SFIO : devient premier parti de France) et les communistes progressent fortement, tandis que les radicaux et surtout la droite reculent. Léon Blum, chef du parti socialiste, devient chef du gouvernement, avec des ministres socialistes et radicaux, mais sans les communistes (qui le soutiennent quand même).

         Les ouvriers déclenchent une grève générale : 2 millions de grévistes occupent les usines dans la fête.

 

2. La politique de réforme du Front populaire

 

         Blum oblige les patrons et les syndicats à négocier. Ils signent les accords Matignon du 7 juin 1936 : les salaires sont augmentés et les syndicats sont reconnus par les patrons (droit d’avoir des délégués du personnel et des conventions collectives).

         Pour lutter contre la crise, Blum :

         - réduit la semaine de travail à 40 heures et établit les congés payés (un grand nombre de Français partent pour la première fois en vacances)

         - crée l’Office du blé (avec un revenu minimum aux agriculteurs), nationalise l’industrie aéronautique, crée la SNCF et réforme la banque de France.

 

3. La fin du Front populaire

 

         Blum démissionne en juin 1937. Le Front populaire échoue :

         - à cause de l’opposition de la droite, des milieux d’affaire et du patronat

         - à cause de la mésentente entre les radicaux et les communistes

         - car il ne réussit pas à résoudre la crise économique (en si peu de temps).

         Mais, le Front populaire :

         - redonne de la dignité à de nombreux Français traditionnellement oubliés du pouvoir (ouvriers, employés...)

         - les socialistes jouent le jeu de la démocratie politique

         - lutte contre l’extrême-droite et le fascisme (interdiction des ligues)

         - relance l’industrie d’armement face au danger d'Hitler.

 

Conclusion :

 

         Le gouvernement Daladier (ministres radicaux et de droite) annule les 40 heures et signe avec Hitler le désastreux traité de Munich (septembre 1938). Beaucoup de Français croient que la guerre est évitée.

 

         Léon BLUM

 

         Conseiller d’Etat. Un des principaux chefs de la S.F.I.O. (parti socialiste). Pendant le congrès de Tours en 1920, il refuse d’adhérer à la IIIe Internationale communiste. Président du Conseil du gouvernement de Front populaire en 1936-1937. Pendant la guerre, il est arrêté par le gouvernement de Vichy et déporté en Allemagne en 1943.

 

III. UNE DEMOCRATIE QUI SOMBRE DANS LE TOTALITARISME : L’ALLEMAGNE

 

1. L’installation de la dictature hitlérienne

 

         Au pouvoir, Hitler installe rapidement la dictature, en mettant fin de facto à la république :

    - il dissout le Reichstag, le fait ensuite incendier, en accusant faussement les communistes (ce qui permet de les éliminer facilement) avant de se faire accorder les pleins pouvoirs par le Reichstag.

- il se donne les pleins pouvoirs, puis fait incendier le Reichstag (député) en accusant faussement les communistes, ce qui lui permet de les éliminer interdiction de tous les partis, sauf du parti nazi (parti unique)

- interdiction des syndicats, remplacé par le Front du travail uni (obligatoire)

- mise en place d’une police politique très brutale, Gestapo, dirigée par Goering

- épuration de l’administration, d’où sont chassés les communistes, les juifs et les anti-nazis

- création de camps de concentration (1er : Dachau) : 1 millions d’Allemands y sont envoyés de 1933 à 1939.

- dictature personnelle et culte de la personnalité : en plus des pleins, pouvoirs, il élimine Röhm et les SA (« nuit des longs couteaux »), puis supprime la fonction présidentielle à la mort de Hindenburg. Il prend alors le titre de Reichsführer (« guide du Reich »). Se développe un culte du chef, avec salut nazi obligatoire (Heil Hitler !) et obéissance aveugle au Führer. La république est définitivement morte, remplacée (1934) alors par le IIIe Reich (IIIe Empire allemand).

 

2. Un contrôle totalitaire sur la société

 

         C’est un régime totalitaire car l’Etat nazi cherche à contrôler entièrement la société et les individus :

         - abolition des libertés fondamentales. L’individu ne compte pas rapport à l’Etat. Le régime a pour devise : ein Volk, ein Reich, ein Führer (“un peuple, un Etat ou un empire, un chef”). Les emblèmes du nazisme sont la croix gammée, l’aigle impérial et le port de la chemise brune.

         - conditionnement des esprits :

                   - la jeunesse est éduquée (embrigadée) de façon militaire dans les jeunesses hitlériennes (Hilterjugend).

                   - les enseignants, désormais tous nazis, sont formatés dans les Adolf Hitler Schulen : Ecoles d’Adolphe Hitler) et les manuels scolaires font de la propagande en faveur du nazisme.

                   - des associations nazies militarisées encadrent les adultes.

                   - Goebbels, ministre de la propagande, fanatise les esprits, impose une vérité officielle, organise de grandes parades à Berlin et à Nuremberg et manipule l’information (en utilisant tous les moyens modernes : presse, radio, cinéma).

 

3. Un Etat raciste et antisémite

 

         La spécificité du nazisme est de faire du racisme une politique d’Etat :

     1) « épuration » de l’Allemagne en éliminant les communistes, les juifs et les handicapés mentaux (ils vont être stérilisés : eugénisme).

     2) promotion de l’inégalité des « races » : la « race » « aryenne » (« blonds aux yeux bleus »), dirigée par les Allemands, dite “race supérieure” doit gouverner le monde (avec le prototype d’un homme nouveau, « surhomme », Übermensh) et les « races inférieures » (Untermenshen, avec au plus bas de l'échelle : les noirs et les juifs).

      3) l’antisémitisme vise en particulier les juifs :

      - dès 1933, les magasins tenus par des juifs ou supposés tels sont boycottés

      - les lois de Nuremberg en 1935 les excluent de tous les métiers importants (commerce, banques, justice, médecine, administration, armée…), leur retire la nationalité allemande, les oblige à porter l’étoile jaune, leur interdit d’avoir des rapports sexuels et d’épouser des “Allemands”...

      - lors de la “nuit de cristal” (8 novembre 1938), les juifs sont arrêtés et déportés dans les camps de concentration.

 

4. La marche à la guerre

 

         Le nazisme repose également sur :

         - le pangermanisme : nationalisme qui veut rassembler dans une Grande Allemagne tous ceux qui parlent allemand (Autrichiens, Sudètes...).
           -  l'idéologie de l' "espace vital" (Lebensraum) qui se traduit par la colonisation de l'Est de l'Europe, aux dépens des Slaves notamment.

         Hitler est d'abord animé par une volonté de revanche : il annule le traité de Versailles, réarme l’Allemagne, rend le service militaire obligatoire (1935), remilitarise la Rhénanie (1936).

         L’Etat dirige l'économie et prépare la guerre à partir de 1936. Les grands travaux (autoroutes, défrichements, aérodromes…) et la production d’armement font disparaître le chômage en 1939.

         Il mène une politique étrangère agressive :

-         soutien au général Franco contre les républicains pendant la guerre d’Espagne.

-         alliance avec l’Italie fasciste de Mussolini (”Axe” Rome-Berlin en 1936, renforcé en 1939 par le Pacte d’Acier).

-         signe un pacte anti-komintern (contre l’URSS) avec le Japon, puis l'Italie.

     Il mène ensuite une politique de conquête :

-         en mars 1938, il annexe militairement l’Autriche (Anschluss).

-         il veut annexer les Sudètes (population de langue allemande vivant en Tchécoslovaquie) et signe le traité de Munich en septembre 1938 avec la France et l'Angleterre, qui lui permet d’occuper la Tchécoslovaquie en mars 1939.

En août 1939, l’Allemagne et l’URSS signent un pacte de non-agression.

         Hitler attaque la Pologne le 1er septembre 1939. L’Angleterre puis la France lui déclarent la guerre. C’est le début de la Deuxième Guerre Mondiale.

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